Las hermanas Caronni

La scénographie du spectacle est épurée mais soignée. Sur scène, quelques micros attendent qu’on leur souffle dedans, pourvu que cela sonne juste et vrai. D’un côté de la scène une contrebasse, de l’autre une clarinette et un saxophone patientent eux aussi en pleine lumière. Soudain leurs propriétaires apparaissent, s’emparent d’eux, s’accordent et se lancent.

JPEG - 20.6 ko

Crédit Photo : ARC

La musique est douce. Cela pourrait être du jazz, cela pourrait être du classique, le début d’une berceuse pour enfant, la fin d’un conte pour adulte. La musique des deux sœurs, c’est un peu ça, un incroyable mélange des genres qui dépasse toutes frontières. Puis vient le moment des premières paroles, en espagnol. Les voix sont claires, cela sonne juste et vrai ( les micros sont rassurés, ils ne sont pas là pour rien). Complémentaire l’une de l’autre, pendant plus d’une heure, les deux sœurs nous livrerons de leurs plus anciennes compositions aux plus récentes, prenant parfois le temps de nous parler, en français, de la genèse de leur œuvre, de leur inspiration, de leur histoire. La famille semble occuper une place primordiale dans leur travail. Chez les Caronni, la musique, la douce mélodie du cœur se transmet dans la cuisine, à la maison de génération en génération, et qu’importe que cette grande demeure familiale soit en Argentine, en France ou à Rezé.

JPEG - 28.9 ko

Crédit Photo : ARC

Le spectacle se finira en chansons, jusque là rien de nouveau, à part que les chanteurs, ce sera nous. Le temps de quelques notes, pas toujours expulsées de notre gorge avec la justesse et la maîtrise qu’il faudrait, nous formons une chorale improbable mais heureuse de pourvoir participer à ce qui d’ordinaire nous échappe, nous laisse sans voix. Sur ce coup là, les artistes c’est elles, c’est moi, c’est eux, c’est nous.

Las hermanas Caronni repartiront aussi doucement qu’elles nous seront apparues. Un spectacle d’une grande simplicité, d’une grande maîtrise mais surtout généreux et varié. On aurait peut-être aimé que cela dure un peu plus longtemps. Malgré tout, la sensation qui reste en nous de cette courte mais agréable soirée est toujours là, bien des jours après, comme si les deux sœurs, chacune à leur tour étaient venu nous voir et nous avaient glissé à l’oreille : « Partez, mais revenez quand vous voulez. »

GUILLOT FLORIAN.