Laura Domenge – 1200 moutons féministes

Vous aussi vous avez des insomnies ? Et vous aussi quand vous ne dormez pas vous pensez à beaucoup de choses étranges ? Laura Domenge est comme vous, et elle vous fait partager son expérience accompagnée de ses moutons.

L’expérience d’aller voir un spectacle en rodage c’est de se dire que ce que l’on va voir ce soir-là n’aura peut-être rien à voir avec ce qui se jouera dans un an. Et c’est ça qui fait tout le charme de la soirée. Ce soir Laura Domenge avait un public bien rempli, pas particulièrement jeune, pas particulièrement vieux, un public de mercredi en somme. Mais malgré tout bien présent pour vivre la cinquième représentation de ce rodage à la Compagnie du Café-Théâtre de Nantes.

Dès le début les bases sont posées, à déambuler dans les rangs, il n’y aura pas de mauvaise surprise, le spectacle à venir est en construction. Il y aura du drôle et du moins drôle, du plus ou moins organisé mais l’interactivité est déjà là. Je trouve ça important que les artistes assurent ce genre de prévention, surtout quand dans la salle la plupart ne semble pas avoir l’idée du rodage. Ça change de certains spectacles que l’on nous vend construits et qui ne sont au final qu’un mélange de vannes sans suite logique.

Mais cette fois voilà que Laura Domenge nous emmène sous la couette, non pas pour un sommeil réparateur mais pour une insomnie prolifique. Le thème est posé, quand on ne dort pas on pense à beaucoup de choses, beaucoup trop et ça va loin. Un thème qui parle à beaucoup de monde, fédérateur et plein de portes ouvertes à tous sujets.

Je me demandais malgré tout au départ comme tenir un spectacle d’une heure vingt juste avec des nuits blanches, mais rapidement, et peut être un peu maladroitement parfois, d’autres sujets se dessinent. Des personnages aussi, surprenants et entraînants. J’ai retrouvé ce militantisme féministe qui m’a fait connaitre Laura Domenge, sur des sujets aussi importants que l’avortement ou le patriarcat.

Au final tout le spectacle regagne en énergie quand tout se mélange, s’assemble doucement mais sûrement. L’idée du spectacle même est là, et même si pour y arriver les mots sont encore hésitants, on a le final rêvé.

Roder un spectacle ne semble pas être l’exercice le plus facile, présenter à des inconnu.e.s des blagues que l’on a fait seulement dans sa tête. On dit que l’on est notre meilleur public, mais c’est autre chose quand il faut le soumettre au vrai. Mais Laura Domenge n’a ni joué au marchand de sable, ni causé le moindre cauchemar. Son spectacle est aussi doux que des draps de soie et on avait aussi peu envie de quitter la salle que son lit le matin.

Ombeline B.