Le cabaret des improvisations de la LINA

Ce vendredi 11 avril, 1er rendez vous pour le blog des spectacteurs : carnet et stylo en main, je suis prêt à me frotter à la Ligue d’Improvisation NAtaise (LINA). Vous m’accompagnez à l’aventure ?

Me voici arrivé à la maison de quartier de Doulon : première visite de ce lieu puisque je suis originaire de région parisienne récemment installé à Nantes.
Après un passage au guichet avec un accueil très sympathique, je me retrouve dans une grande salle. Un beau plateau de théâtre prend un tiers de l’espace environ. En face de celui-ci, en premier plan vous retrouvez des tables de café et en second plan des gradins. Pour compléter le tout, un bar prend l’un des côté.

Je ne m’attendais pas un aussi bel espace pour un salle de quartier, agréable surprise ! Et cela sert parfaitement l’ambiance du lieu. Dés mon entrée, on me dit "ne vous inquiétez pas, le spectacle n’est pas commencé, les artistes se chauffent", les comédiens sont déjà sur scène et ont commencé leurs échanges avec le public. Le bar est plein et les tables aussi. Je m’enfonce donc dans les gradins pour trouver une place. Je me retrouve entouré d’un public bigarré d’environ 200 personnes, allant de 7 à 77 ans, des groupes d’amis, des familles, des couples... Le décor est planté, l’ambiance est très chaleureuse et la vie de quartier est presque palpable.

Sur scène, et bien je comprends mieux le titre de "cabaret d’improvisation", ce n’est pas un match par équipe, mais il s’agit bien d’improviser à partir des propositions du public. 10 comédiens s’essaient à ce difficile exercice. Les intermèdes et les chansons sont improvisés par un musicien en bord de plateau. La LINA confirme qu’il n’y a pas besoin de beaucoup de matériel pour donner beaucoup de plaisir. Les comédiens sont en noir, costume neutre pour rentrer dans la peau de différents personnages, une porte de décor en fond de scène et nous voilà transporté.

Les propositions de thèmes fusent et chacun prend plaisir à vouloir donner son idée originale. Elles sont traitées de différentes manières par la troupe : en musique, à deux, à quatre, en répétition de phrase, en successions de personnages... Des exercices régulièrement vus mais qui fonctionnent toujours aussi bien. Les comédiens passent à tour de rôle et font des propositions très créatives. Il en faut de la créativité et de la réactivité pour rentrer dans une situation, un personnage lorsque l’on a 30 secondes, le temps de répéter deux fois le thème, avant de se lancer dans son rôle. Il faut réagir rapidement aux propositions telles que : "pourquoi les éléphants ne sont pas roses ?", "on a perdu le porte-jarretelles de papy" ou créer une chanson sur "ce que pensent les lézards"...

A ce jeu là, il y a du talent à la LINA, tantôt l’on retrouve des personnages touchants voir fragiles, tantôt des personnages comiques. Les attitudes, les gestes et les mimiques, bien que déterminées en une seconde, se retrouvent très justes. On y croit tout de suite, on est emporté dans le monde proposé. On vacille entre les genres et entre les émotions. Les comédiens sont sur un fil et le public est avec eux. Les rires éclatent, les frissons aussi pour ma part à certains moment, et puis finalement les applaudissements pour saluer la performance.

Je pensais que le funambulisme était une activité solitaire, et bien la LINA prouve le contraire. Ils sont bien plus forts à 10. Ils se portent, s’encouragent, à faire les clowns ils produisent une énorme énergie. Lorsque l’un est en panne d’inspiration, l’autre lui fait des propositions. Au lieu de s’annihiler, les qualités de chacun viennent enrichir le collectif, celui-ci apporte le comique, celle là la fragilité, celui là investit son personnage tout en corps, celui-ci fait des jeux de mots. En introduction, le public a été prévenu que c’était la première scène pour certains comédiens, et bien ils passent le cap haut la main. On ressent une vraie camaraderie entre les artistes, un réel plaisir à jouer entre eux et avec le public. Ils s’amusent, ils vivent leurs histoires, et par transfert nous aussi.

Enfin, on ne peut parler de l’esprit de troupe de la LINA, sans rendre hommage au musicien qui les accompagne. C’est le 11eme homme de l’équipe, il a une place à part entière et est complètement intégré au spectacle. Il donne le ton, dans les intermèdes, porte les chansons pour nous donner envie de se mettre à danser, et appui l’ambiance lors des improvisations jusqu’à nous faire un show à lui seul.

Au final, j’ai assisté à deux heures de très bons divertissements, avec beaucoup de plaisir à voir ces comédiens se mettre en danger sur scène et je suis ressortis avec un grand sourire et plein d’énergie. A entendre les commentaires autour de moi, je n’étais pas le seul. Je conseille donc vivement la LINA aux amateurs de théâtre, d’improvisation et aux neurasthéniques ! Le spectacle est accessible pour tous les âges et toutes les catégories, chacun pourra s’y retrouver et passer un très bon moment.

Fabien