Le fantôme d’Andréa.

Mardi, j’avais rendez-vous au Piano’cktail pour voir un spectacle qui se prénomme « Les Chatouilles », un seul en scène qui traite des violences sexuelles. C’est sceptique que je suis allée m’installer face à la scène plongée dans le noir.

JPEG - 111.2 ko

Et puis, elle est arrivée sur cette scène.
Andréa Bescond interprétant Odette est venue remplir l’espace. Odette nous raconte sa vie ; de l’événement traumatique qui a changé sa vie à jamais, de son parcours dans la danse qui lui a permis d’exprimer sa colère et son long chemin pour faire éclater la vérité.

Dans cette performance théâtrale, Odette exprime à quel point la parole de la victime doit être prise en compte. Lors de ses séances chez le psy, Odette manifeste sa colère et son mal être face à une mère qui ne l’a croit pas.
Tout le parcours de guérison de la victime repose sur cette prise en compte de la parole. Odette l’extériorise à travers ses différentes rencontres, c’est en accordant et en légitimant la parole que le lent chemin vers la cicatrisation du passé peut avoir lieu.

Andréa Bescond danse, chante, crie et nous transmet l’énergie qui l’anime. Sans dramatiser mais en mettant des mots sur des faits, elle nous clame l’importance de ne pas se mettre à la place de la victime mais au contraire de lui donner le temps et un espace pour s’exprimer librement et mettre fin au silence qui entoure les actes de violences sexuelles.

Ce spectacle est l’un des plus beau et touchant que j’ai vu ; il mélange engagement et récit de vie avec cette volonté de transformer le regard des spectateurs. C’est émue et bouleversée que je suis sortie de la salle Piano’cktail.

Jeanne