Le final Méditerranéen de l’ONPL, et quel final !

L’été est arrivé, il est temps de clôturer la saison, mais également une carrière.

Le Final Méditerranéen de l’ONPL s’est faite en grande pompe, une fois de plus dirigé par ce chef d’orchestre que j’aime tant : Pascal Rophé.
Il a un petit air malicieux, il guide ses musiciens avec une telle énergie, il les porte pour nous emporter à notre tour. Sa malice en effet, nous reviendrons dessus, elle m’a fait verser des larmes cette malice.

Ce Final se déroule en trois temps : tout d’abord Brahms, le concerto n°2 pour piano et orchestre, Pierre-Laurent Aimard au piano, il fusionne avec l’instrument dès la première note, sa frange s’envole, il nous surprend et nous embarque à son tour.
La chaleur a envahi Nantes la jolie, les fauteuils sont moelleux, la sonorisation de la salle est parfaite, la mélodie nous emporte... Et l’ami qui m’accompagne et découvre pour la première fois un concert de l’Orchestre National des Pays de la Loire ne peut pas lutter, Morphée l’appelle, le tire, et moi je le retiens ! Pssst, Charlooo, regarde au fond, après ce sera rigolo, il y aura le triangle, tiens bon !...

Il tient bon, l’entracte est le bienvenu, on fait trois fois le tour de la Cité des Congrès et c’est au tour de Ravel de nous faire vibrer : Rhapsodie espagnole.
Je jubile, le triangle est là ! Je le guette, à chaque mouvement la joie m’envahit ! Allez savoir pourquoi, mais cet instrument me fascine, si petit, si mignon, si délicat, je l’entends tout au fond de la salle. - Et je m’interroge, mais pourquoi l’avoir mis si loin aujourd’hui ? D’habitude il est dans le coin à droite de la scène, on le voit bien, et là ils l’ont mis tout au fond, frustration, il est parfois caché par une partition, je dois redoubler de vigilance !

Ce grand final se termine avec Les pins de Rome de Respighi, ça, je ne le connaissais pas, mais je me laisse emporter encore une fois, j’observe tous les détails : le triangle, bien évidemment, et les cymballes, ça claque, ça résonne, ça vibre !
Et tout à coup, surprise ! Les trompettes sont parmi nous, près du public, ooh !

Je parlais du petit air malicieux de Pascal Rophé, alors lui, quand on ne s’y attend plus, c’est là qu’il surgit avec une surprise. Enfin, la surprise, cela a surtout été pour Marc :
"Merci à tous, je tenais à vous remercier de votre présence au cours de cette saison, une très belle saison, une clôture magnifique. Mais ce soir, c’est également le grand final pour un membre de de l’orchestre, il part en retraite ce soir, c’était son dernier concert, j’aimerais qu’on l’applaudisse. On m’a dit qu’il détesterait sûrement ça, mais Marc, je vais vous demander de venir me rejoindre à l’avant de la scène."

Blanc, flottement - On cherche qui est Marc du regard, la salle applaudit, ses collègues l’acclament, il s’approche gêné et ému, moi je commence à sentir les larmes monter.
"Marc, je ne vous connais pas beaucoup, je sais que vous êtes un très bon musicien, et on m’a dit que vous dirigez également."
Il se tourne vers l’orchestre et s’adresse à eux.
"Vous allez reprendre le dernier morceau, je vais vous demander de reprendre la partition à la note 20, et c’est donc Marc qui va vous diriger. Marc, je vous en prie, montez pour diriger vos collègues."
Marc est ému, il ne sait plus où se mettre, monte sur le podium du chef d’orchestre, regarde ses collègues, la partition, le chef d’orchestre, prend la baguette, la lève et la mélodie s’élève...
Toute l’assemblée retient son souffle, une émotion incroyable envahit la salle, je ne peux plus retenir mes larmes, nous sommes tous avec Marc, nous l’admirons, l’encourageons, la mélodie est fabuleuse, au-delà de ce que l’on pouvait imaginer : un tel moment pour une fin de carrière, je ne connais pas les musiciens, mais j’imagine ce qu’il a pu ressentir.

Le morceau s’achève, le public l’acclame, les applaudissements n’en terminent plus, la famille de Marc est dans la salle avec une belle banderole en forme de coeur.
Et je ne m’arrête plus de pleurer :)

Enfin, le calme revient, c’était le Grand Final de Marc, merci Pascal Rophé, merci l’ONPL.

Lucie