Le grand bazar des histoires au Pianocktail

Ce mardi 2 décembre, le Piano’cktail nous a offert une soirée en 2 temps placée sous le signe de la surprise et du "hors les cases". Un vrai moment de plaisir et de bonne humeur, mené par Sylvain Giro et Kwal.

C’est quoi ton truc ? Bah justement, c’est pas facile à expliquer.
Ça ressemble à plein de choses sans y correspondre vraiment. Ça surprend et ça vous embarque dans des endroits à la fois exotiques et familiers. Enfin en tout cas, c’est vachement bien !

Si vous aimez les choses bien rangées dans des cases, passez votre chemin ! La soirée du 2 décembre dernier au Piano’cktail, c’était un peu comme le contenu d’une grande boîte qu’on aurait secouée dans tous les sens pour voir ce qui allait en ressortir.
Ce qui est sûr, c’est qu’on y a vu 2 jeunes hommes (si, plutôt jeunes encore quand même) – Sylvain Giro et Kwal – et leurs 3 musiciens occuper chacun leur tour la scène et nous embarquer dans quelque chose de pas facile à décrire.
Ce qui est également certain, c’est que cette grande boîte contenait plein de choses tout à fait dignes d’intérêt.

Ça ressemble à du conte

ou plutôt à de « l’art de la parole » comme on dit aujourd’hui.

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Sylvain Giro, au début de son interprétation du "Lac d’Eugénie"

Quand Sylvain Giro se met à chanter, on se dit : tiens, j’savais pas qu’c’était un concert. Mais entre chaque chanson, le voici qui nous déroule une histoire : celle d’une soirée étrange au cours de laquelle, parti d’un bal de campagne, il s’est perdu pour finalement mieux se retrouver. Le réel frôle le chelou lorsqu’il se croise lui-même enfant ou retrouve la belle danseuse lui ouvrant les bras sur une tombe au cimetière. Dans le public, un monsieur s’est même assoupi (vu !), bercé par l’histoire.
Quant à Kwal, il nous livre ses Chroniques du bout du monde ; nous voici en présence de contes de voyage, glanés ici et là par un globe-trotter fougueux ! La morale de ces histoires ? C’est que de ces voyages, il rapporte des petits trésors qui lui forgent une armure contre les choses pas drôles de la vie.

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Kwal et son sac en peau de vache maigre qui renferme des merveilles

Ça ressemble à une soirée dansante

1 salle, 2 ambiances !
En première partie de soirée, un Sylvain Giro qui surprend. Avant qu’il ne se mette à chanter, on le mettrait bien dans la case des fans de Noir Désir à la voix grave. Mais dès les premières notes plus haut perchées qu’on ne les attendait, on se rend compte que ce n’est pas si simple. Des accents rock et populaires se mêlent pour un ensemble entraînant qui vous donnerait envie de danser ! D’ailleurs lui-même se lâche en fin de spectacle, faisant craindre pour lui le torticolis ou le tour de rein tant il se démène, avant d’entamer quelques pas dignes d’un boys band avec ses 3 potes.
Avec Kwal qui prend la suite, on flirte plutôt avec les musiques du monde : un air de Crête qui sent bon la chaleur pesante, quelques airs entraînants de Bamako ; et là aussi, les jambes nous démangent.

Ça ressemble à un voyage

Au bal, dans la forêt, au cimetière, au bord d’un lac puis sur le quai d’une gare… nous aussi, on y est avec Sylvain Giro !
Bamako se met à grouiller autour de nous, qui accompagnons Adi en route vers son visa sur son scooter « made in China tout en plastique ». Lorsque Kwal évoque les villes du monde, les touffes d’herbe entre les dalles, le bruit, les gens, on se perd avec lui dans la foule et les ruelles.
Dans un décor des plus simples, tous deux parviennent à donner vie aux lieux dont ils parlent : balèze les mecs !

Ça ressemble à la vraie vie des vrais gens

Dans le public ou sur scène, je revois des têtes connues : la dame qui travaille à l’étage du dessous et que j’entrevois chaque matin entre les lamelles du store de sa fenêtre, Erwan Martinière entrevu au printemps dernier à La Ruche, Sylvain Giro qui m’avait aidée à trouver un stage il y a quelques années, un contact boulot avec qui j’ai échangé par mail dans la journée, un monsieur que je suis sûre d’avoir déjà vu, mais je ne sais où…
Et dans les histoires racontées, c’est pareil ! Maurice le cantonnier, la belle Clémence, les danseurs du bal de campagne, Adi, Stellios, le chat du Ladakh, ce couple en Palestine qui a posé sur sa télé un cadre de plastique clignotant en forme de cœur, on les connaît tous un peu, non ? Même ma grand-mère a réussi à s’incruster à la soirée sous les traits de Tata Marie et ses boudoirs !

Et quelques kiffes pour couronner le tout
Le rouge des murs des toilettes, le bleu des sièges de la salle, (pile-poil de la couleur que je souhaiterais pour mon futur canapé), et les chaussures de Sylvain Giro !

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Des couleurs qui respirent la joie au Pianocktail

Finalement, ce mélange des genres forme un cocktail fantaisiste très plaisant. Un hommage réussi à Boris Vian et son Pianocktail.
Quelques images par ici !

AR