Le Guépard

Lors de la rétrospective Luchino Visconti au Cinématographe nous avions l’embaras du choix ! En effet, plusieurs films étaient proposés : Mort à Venise, Ludwig, L’étranger, ou encore Rocco et ses frères. Un autre film attira mon attention : Le Guépard, réalisé en 1963. Ceci tout d’abord pour les acteurs de renom Alain Delon et Claudia Cardinale (cette dernière que j’ai pu admirer notamment dans Il était une fois dans l’ouest de Sergio Leone) - je ne connaissais pas encore Burt Lancaster – mais aussi pour l’histoire et le lieu de l’action : la Sicile.

Un cinéma présent depuis plus d’un siècle...

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Pour la petite histoire, le Cinématographe prend place dans une ancienne chapelle de carmélites datant de la Renaissance. Pratique pour l’acoustique ! La salle est naturellement haute de plafond et permet une bonne diffusion du son. Avant la reprise du Cinématographe en 2001, un cinéma était déjà présent en ces lieux depuis 1908.
Actuellement, il propose de nombreuses rétrospectives, ce qui nous permet de pouvoir découvrir un réalisateur, ou bien approfondir nos connaissances sur une esthétique particulière.

Le film !

Venons-en au fait : après m’être installée confortablement, je me prépare à passer plus de 3h devant l’écran (et oui, c’est la version longue). Le film se déroule au moment de la réunification de l’Italie, à la fin du XIXème siècle, lorsque Garibaldi recrute des combattants volontaires. Le personnage de Tancrède (incarné par Alain Delon), le neveu du Prince Salina, va le rejoindre. Son oncle le soutient, malgré son appartenance à l’aristocratie : il n’est pas opposé au gouvernement démocratique, bien conscient de la fin de son propre monde ! Par la suite, Tancrède va rencontrer par l’intermédiaire de son oncle une jeune bourgeoise : c’est là qu’entre en scène Claudia Cardinale ! Elle incarne formidablement le rôle d’Angelica, fille du maire de Donnafugata, lieu de villégiature de la famille princière. Angelica ne possède pas les manières de l’aristocratie : Visconti tourne une formidable scène de dîner ou l’actrice impose un somptueux malaise : elle rit à gorge déployée en plein repas suite à un récit visiblement hilarant conté par Tancrède, et ceci devant les autres convives de la famille du prince, visiblement très gênés.

Le charisme de Claudia Cordinale, les décors, les costumes...

J’ai peut être remarqué d’avantage les gros plans faits sur Claudia Cardinale que sur les autres acteurs, du fait de mon admiration déjà sans bornes pour l’actrice !
J’ai pu en effet retrouver dans Le Guépard les gros plans qu’exerçait Sergio Leone sur le visage de Claudia Cordinale, et notamment son regard : Angelica posède une mine de jeune femme inquiète légèrement trop exagérée lorsqu’elle entre en scène pour la première fois, elle garde les sourcils froncés et mord sa lèvre en coin lorsqu’elle écoute le récit de Tancrède...

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Une formidable scène de bal clôture le film, montrant les femmes dans leurs plus belles robes s’éventant sans cesse : en effet, le film a été tourné dans des conditions « réelles » et il faisait très chaud en Sicile au moment du tournage. De quoi rendre la scène la plus réaliste possible !

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Je vous conseille vivement de voir ce film pour son aspect historique et réaliste, mais également pour les paysages, les décors et vous l’aurez compris... Claudia Cardinale !

El Zazou.