Le meilleur joueur de oud du monde arabe au Nouveau Pavillon

C’est avec plaisir que je retrouvais la salle du centre Marcet à Bouguenais pour ce concert de "musique du monde". Avant de me rendre au concert, je m’étais renseignée un peu sur les artistes que j’allais voir sur scène et j’avais trouvé que Mohamed Abozekry avait été sacré meilleur joueur de oud du monde arabe en 2009. Rien que ça. Et bien après avoir vu ce concert, je peux dire qu’il méritait ce titre.

Pour mon deuxième spectacle au centre Marcet, la salle était encore une fois comble. Les instruments attendaient les musiciens sur scène : un piano, une batterie, une contrebasse... et bien sur un oud.

Pour le premier morceau, deux musiciens firent leur entrée et s’assirent au milieu de la scène. Sans un mot, Mohamed Abozekry joua de l’oud accompagné par un autre musicien qui jouait également une sorte d’instrument qui ressemblait à l’oud. Sans partition, sans batterie derrière pour marquer le rythme, ils jouaient ensemble et le morceau dura plusieurs minutes.

Quelque chose qui m’étonna fut l’âge des musiciens, je pense que d’avoir lu que Mohamed Abozekry était sacré meilleur joueur de oud m’avait fait penser à quelqu’un de plus âgé alors qu’il n’a qu’une vingtaine d’années. Cela rend son talent encore plus impressionnant.

Plus à l’aise pour s’exprimer avec la musique qu’avec les mots, Mohamed Abozekry se perd un peu dans ses présentations de morceaux qu’il termine rapidement par "donc le morceau suivant s’appelle comme ça parce que... voilà.." et qui amènent le rire amical du public.

Les morceaux suivants font se rejoindre sur scène une percussionniste, puis un contrebassiste, un pianiste, un guitariste et enfin un saxophoniste. Tous ces instruments créent une musique riche et variée. Les rythmes et les manières de jouer sont différentes à chaque morceau et à l’intérieur même d’un morceau. Mohamed Abozekry pince ou frotte les cordes du oud, joue rapide ou lent, des morceaux rythmés et jazzy ou des balades.

Les doigts des musiciens vont à une vitesse folle et le public reste captivé par leurs mouvements. De plus, on pouvait sentir une vraie complicité entre eux, ils se regardaient tous jouer et se guidaient du regard dans le morceau.

Toutes les musiques m’ont plu, même si j’ai préféré les morceaux de la fin du concert qui étaient plus rythmés et entraînants, nous amenant à frapper des mains pour les accompagner. Ils racontaient tous une histoire quelque part en Égypte ou au Moyen-Orient, pendant le printemps arabe, la guerre en Palestine ou nous emmenaient simplement découvrir la beauté de cette région du monde.

En un mot, des musiciens talentueux. Je vous conseille d’aller les voir si vous en avez l’occasion.

Cécile Audoly