« Le plus gentil des méchants humoristes » s’empare du TNT

Direction le TNT à la rencontre de Zou, un petit bout d’humoriste plein d’énergie et au débit de parole effréné. Une fois sur scène, Zou tente de prendre la température de la salle qui, je l’avoue, est un peu molle en ce vendredi soir pluvieux. Mais le public nantais est réputé comme difficile, alors laissons Zou faire ses preuves.

Du talent, oui, mais…

Au premier abord, Zou a une bonne prestance sur scène et un bon flow, avec un certain sens de la répartie, mais très vite quelque chose coince. Le public n’est pas très réactif ce qui semble déstabiliser l’humoriste à plusieurs reprises. Il tente de se rattraper à ses sketchs mais du coup ceux-ci ont tendance à traîner en longueur. Au final, le spectacle dure beaucoup plus longtemps que prévu (plus de 1h30), avec énormément de redites, ce qui a tendance à relâcher l’attention du public. C’est dommage car Zou a du potentiel comme il l’a prouvé lors des différentes interactions qu’il a pu avoir avec nous, mais celles-ci furent malheureusement trop peu nombreuses. Les thématiques abordées (les différentes drogues, la corruption de nos dirigeants, les mafias…) sont intéressantes mais la longueur des sketchs finissent par lasser. Zou est également trop dans l’attente de réactions de la part du public. On sent qu’il teste ses vannes et qu’il a du mal à rebondir quand celles-ci n’obtiennent pas l’effet escompté.

Un homme au grand cœur

Cet humoriste au grand cœur mène un combat beaucoup plus personnel et loin d’être gagné d’avance : mettre fin à la corruption et à la prostitution qui ont sali son quartier d’Aix-en-Provence et qui prennent en otage la population qui y réside. Les thèmes abordés dans son spectacle prennent alors tout leur sens et, derrière l’homme cultivé, on sent également un militant engagé.

Encore un petit effort

D’après ses dires, Zou joue son spectacle, Doigts d’auteur, depuis plusieurs années. Pour autant, celui-ci ne semble pas totalement rodé et on sent que l’humoriste a besoin de se raccrocher à son texte, faute de quoi il se perd rapidement. Malgré tout, on sent derrière tout ça une bonne écriture qui mérite je pense d’être plus affinée et plus pointue afin de toucher rapidement le public et de ne pas se perdre en digressions. Des thématiques plus variées, des sketchs plus courts et une dose supplémentaire de stand up, voilà ce qui, à mon sens, manque encore à Zou pour devenir « le plus méchant des gentils humoristes ».

Clémence