"Le sportif rêve son rêve, le champion vit son rêve"

Si on ne connaît pas l’auteur de cette phrase, on peut dire qu’elle correspond à un bon nombre de situations ! Et ce jeudi devant le concert de l’ONPL (orchestre national des pays de la Loire) à la cité des congrès, je me dis que la phrase est adaptée pour tous ces musiciens, qui vivent de leur passion.

"En sport, dès qu’on s’arrête, on régresse"

Ce jeudi, avant le spectacle de l’ONPL, quelques privilégiés et moi-même avons le droit de visiter l’amphithéâtre de la cité des congrès, vide encore de ses supporteurs ( ou de ses spectateurs). Impressionnant, quand même cet endroit !
Nous avons aussi la chance de rencontrer deux artistes de l’orchestre avant qu’ils ne passent en spectacle devant nous. Ils nous expliquent la dure discipline de la musique, que cela s’apparente à de la compétition de haut niveau. Il faut montrer de la discipline et de l’assiduité pour maintenir son niveau, même en vacances il faut s’entraîner et continuer à jouer.
"En sport, des qu’on s’arrête, on régresse". Cette citation du navigateur Marc Pajot est l’illustration parfaite, de ce qui est nous est exposé. La musique demande autant d’entraînements et de rigueur que le sport.
Alors, si je regardais le spectacle de ce soir comme un match sportif, comment cela se déroulerait ?

"Le sport ne forge pas le caractère. Il le révèle."

Cette phrase de Heywood Hale Broun décrit le sentiment que j’ai reçu lors de la première mi-temps de ce spectacle. Quand arrivent les joueurs sur la piste, ils sont acclamés par l’ensemble du public. Les spectateurs sont peut être plus calmes que les supporteurs dans un stade mais ils ont l’air tout aussi enthousiastes.
Les musiciens, quant à eux, ont plus l’âge de l’entraîneur que des joueurs de sport collectif. Un homme avec un instrument, a même un vague air de Raymond Domenech (les sourcils broussailleux en moins). L’arbitre (ou le chef d’orchestre) rentre en fin de cortège, pour donner les règles et s’assurer de la maîtrise de l’ensemble.
Gare aux cartons rouges ou jaunes (selon les musiciens, certains chefs d’orchestres sont plus ou moins durs, cela va du regard de travers à la baguette tapée contre le pupitre ou au grognement sourd !). Peu importe que cela plaisent aux joueurs ou non, il faut respecter les règles données et les arbitres sont plus ou moins durs pour conserver l’harmonie et le fair-play entre les individualités.
Un homme au piano devant l’orchestre se pose là, comme le joueur principal. C’est le soliste.
La partie commence. C’est remarquable, les passes se font entre l’orchestre, qui joue comme un seul homme (à la fois calme, en arrière fond, observant le jeu de son adversaire ou menaçant prêt à lui piquer la vedette) et le soliste à son piano, imperturbable qui suit sa partition (semblable à un Cristiano Ronaldo, faisant confiance en son talent).

"Le sport est une évasion complète de la vie"*
Lors des différents morceaux, j’en oublie complètement la technique ou le jeu d’équipe, on se laisse complètement transporter par l’émotion. Un parfum de Russie passe en effet dans la pièce avec un jeu saccadé et structuré mais avec des envolées romantiques proches de l’orient. Cela tombe bien le thème de ce soir est la symphonie sentimentale en évoquant le pays du transsibérien.
Tel un supporteur devant son équipe favorite le public acclame sans discontinuer l’orchestre sur scène et le formidable soliste a la fin de la première mi-temps. Le soliste au piano revient au moins trois fois pour jouer des morceaux, tous plus fous les uns que les autres, alternant le doux et l’énergique en passant par le mélancolique. Qui est prêt à faire une ola comme moi ? Le public a l’air complètement conquis et je le suis également !
Moi qui ne suis pas sport d’habitude... pardon, musique classique...

*citation de François hertel, écrivain canadien.

Claire