Le taf c’est mon kif : à la recherche d’un emploi désespérément !

Salle comble au théâtre du Cyclope, vendredi 26 février, pour la pièce "Le taf c’est mon kif" sur les malheurs de deux personnages en recherche d’emploi. Venir rire dans une ambiance décontractée on vous en touche quelque mots ?!

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Charlotte Jimenez est « une force de proposition commerciale ». Armée de son large fourre-tout en cuir et d’une détermination à toute épreuve, elle écume les entretiens d’embauches. Enfin disons plutôt les salles d’attentes, où elle patiente durant des heures, espérant voir s’ouvrir cette foutue porte tordue, symbole bien évidemment du monde de l’emploi. Valentin, lui aussi, poursuit l’emploi avec acharnement. Lors d’un entretien il rencontre Charlotte. Dans cette salle d’attente inconfortable alors que l’espoir et la désillusion fricotent, deux être dansent avec la folie.

Lorsque le rire vous angoisse

La compagnie les Copainches, avec Carolina Garel Carballeira dans le rôle de Charlotte et Jaouen Letourneux dans celui de Valentin, nous embarque dans leur farce angoissante grâce à du comique de situation. L’expressivité surexagerée des personnages et le fractionnement du mouvement corporel grâce à d’habiles jeux de lumières déshumanise les comédiens. On les apparenterait presque à d’étranges marionnettes. C’est justement ce travail de décomposition qui nous les rend distant, à la limite de l’angoissant. Le petit théâtre intimiste ( aux fauteuils d’une moellosité certaine) du Cyclope nous enveloppe, voire nous incorpore dans la pièce et y participe pleinement.

Le non emploi, la tourmente du XXI siècle

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C’est un sujet du quotidien, vous, moi, nous et le travail. Pourquoi caractérise-t-il notre société actuelle ? A quel point définit-il notre identité en son sein ? Comment se crée-t-on une image lissée pour y être accepté ? La pièce aborde sous le prétexte de l’humour, sans y répondre, l’ensemble de ces questions. Chacune d’elles revient à questionner la position du demandeur d’emploi, la difficulté de l’attente notamment par la perte de repère temporel à travers un rythme en marge du système et le sentiment d’échec qui finit par imprégner nos personnages. On pourrait s’attendre à voir apparaître un discours moralisateur. Mais non. Vous vous poilerez.

Bref c’est un sujet dont a besoin de rire. La pièce vous fait passer une heure délicieuse à contempler les comédiens en plein supplice. Une excellente manière de se venger du système qui malmène les courageux chômeurs.

Inès