Lectures musicales autour de Diderot

Ce jeudi 19 juin, La Ruche a été le théâtre d’une rencontre étonnante entre un violoncelliste : Erwan Martinerie, des écrivains membres des EAT Atlantique (Écrivains Associés du Théâtre) et Gerhard Stenger, spécialiste de Denis Diderot et Maître de conférence à l’Université de Nantes, tous réunis pour commémorer le tricentenaire de la naissance de cet éminent philosophe des Lumières.

Une soirée intellectuelle entre amis...

PNG - 25.2 ko

L’atmosphère était détendue parmi les invités qui avaient pris successivement place sur les estrades en bois encadrant la scène. Aucun doute, ils se connaissaient déjà ! Les sourires et regards complices ne trompent pas... et cela n’était pas pour me déplaire. Je m’installais donc, curieuse de savoir ce qui allait se passer.
Quelques minutes plus tard, je compris que ces personnes, assises parmi le public, allaient chacune à leur tour déclamer un texte d’auteur écrit sur Diderot. Des textes personnels, humoristique ou philosophique, sous forme de dialogue ou d’abécédaire, qui ont été publiés en 2013 sous le titre "Diderot, pour tout savoir".

Mais quelle ne fut pas ma surprise en écoutant le premier texte dont je ne comprenais pas un mot, malgré la performance théâtrale admirable des deux lecteurs ! Je me suis alors demandé où est-ce que j’avais atterris ? S’agissait-il en fait d’une soirée intellectuelle entres amis friands de mots compliqués ? Après tout... pourquoi pas, mais j’allais alors rapidement décrocher... lorsque quelques textes plus tard, je me suis mise a rire à la vue d’une scène complètement loufoque !

Un moment de délire inattendu

Un dialogue entre 3 personnes sous la forme d’une pièce de théâtre présentait un drôle de personnage interprétant à la fois un caniche et un homme. Le comique de situation était à son apogée lorsque l’acteur devait interpréter tous les réflexes canins de l’animal jusqu’à se rouler par terre en tirant la langue. Le décalage entre cette scène déjantée et le thème de la soirée, entrecoupée de commentaires sur la philosophie de Denis Diderot m’a réellement plu. Ce n’est pas tous les jours qu’un jeu d’acteur se révèle si convaincant ! Tous les regards étaient portés sur lui...

La musique adoucie les moeurs

Pendant ce temps, le violoncelliste, attentif aux différentes lectures, faisait jaillir de son archet quelques notes improvisées mêlées à de la musique électronique, propres à retranscrire les émotions qui se dégageaient des textes. Parfois, on l’entendait jouer pendant plusieurs minutes du Bach afin de signifier un entracte entre deux lectures, ce qui permettait d’insuffler à la salle une note fraîche et légère lorsque les voix s’échauffaient trop longtemps sur une question d’ordre philosophique concernant Diderot. Ah décidément, comme le dit le proverbe, "la musique adoucie les moeurs" !

Niché au fond d’une cour de la rue Félibien, La Ruche, autrement appelé « Le petit théâtre de Viarme » en séduira plus d’un avec son charme désuet qui en fait un lieu singulier et amical dans lequel on se sent bien. Je vous invite donc vivement à pousser la porte de ce théâtre, qui, à mon avis, recèle quantité de petites merveilles.

JPEG - 91.1 ko

Séverine