Les classiques de l’ONPL commentés par Clément Lebrun, Roméo et Juliette de Serge Prokofiev : un spectacle pour l’ouïe et la vue

Assister à une représentation de Roméo et Juliette un 14 févrierr ? J’ai passé une Saint-Valentin un peu particulière en compagnie de l’Orchestre National des Pays de la Loire, mais non sans surprise.

Arrivée au Lieu Unique, on me dirige à l’étage, où je découvre une très belle salle, dont les murs sont recouverts de tapisserie aux motifs colorés. C’était la première fois que j’assistais à un spectacle d’un orchestre symphonique, j’ai découvert une cérémonie, avec ses codes qui lui sont propres : des entrées applaudies, l’ensemble de l’orchestre qui se lève quand des personnes pénètrent dans la salle, les pieds des musiciens qui glissent en guise d’applaudissements… Si je ne comprends pas toutes les significations de ces attitudes, je saisis le caractère presque sacré autour de ces codes. Le chef d’orchestre, les musiciens et l’animateur sont tous habillés de noir, se fondant dans cette ambiance à la fois solennelle et festive.

Clément Lebrun commente le spectacle avec humour et loin de tout snobisme. Grâce à ses interventions, il rend l’adaptation de Roméo et Juliette de Serge Prokofiev accessible et permet aux moins initiés dont je fais partie d’appréhender la technique musicale pour s’approprier l’œuvre et en percevoir les émotions, une méditation réussie, aussi bien pour les enfants présents dans la salle que pour les plus grands. L’orchestre joue 1 heure, une durée suffisante pour se laisser emporter sans décrocher. J’ai pu ainsi saisir la douceur du début du spectacle, lors de la rencontre de Roméo et Juliette, suivie d’une mise en tension due à la sentence familiale puis de l’inévitable drame, une narration musicale intense qui m’a procuré des frissons et m’a même mis les larmes aux yeux.

La précision du chef d’orchestre et la concentration amusée des musiciens font d’un orchestre symphonique un spectacle à la fois pour l’ouïe et la vue. Je découvre une représentation généreuse, une discipline artistique d’une grande sensibilité portée par un collectif. Ici, la musique n’occupe pas le rôle d’accompagnement, elle crée. En mettant en scène une histoire et les états d’âme de ses personnages, les instruments en synergie forment un autre langage, dont le chef d’orchestre a à la fois la maîtrise et la responsabilité face à des musiciens qui lui accordent leur confiance. Ils partagent le plaisir qu’ils ont de jouer ensemble, le public étant témoin de leurs jeux de regards et de leurs sourires.

N’hésitez pas à aller découvrir le 10 mars Guitar Hero, le dernier spectacle de la thématique PréLUdes les classiques de l’ONPL commentés au Lieu Unique !

Lola Lusteau