Les "fluides" dernières heures d’un homme pas prêt à mourir...

Pour une première fois au théâtre de poche Graslin, il fallait au moins que ce soit avec des invités de marque ! Et quoi rêver de mieux qu’un éditeur en vogue et la Mort en personne (...ou presque) !
Mais il s’agissait d’abord de prendre place...

Une petite rue, un petit hall, une petite salle : une entrée bien réductrice pour ce lieu chaleureux que je découvrais ce vendredi soir de toute fin mars. Un accueil tout aussi plaisant nous était fait, avec en bonus un tirage au sort permettant de gagner un nouveau tour de planches gratuit !
La pièce qui allait se jouer, celle que nous attendions, et que certain.e.s revenaient même voir, était écrite par l’un des deux comédiens présents sur scène, Esteban Perroy. Les avis de la presse étaient largement positifs : le suspens était donc à son comble -allais-je être moi aussi foudroyée ?? ou allais-je devoir trouver des formules alambiquées pour diluer un avis moins enthousiaste ???
Démarrage avec bruits et fracas. Les jeux de lumière accompagnent et soulignent impeccablement la mise en route de l’intrigue, qui prend très vite une forme on ne peut plus insaisissable et inattendue...une entité cosmique nous apparaît sous les traits de Guano, l’autre comédien, qui incarne lui-même la représentation que "Jean-Eude Brissac", alias Esteban Perroy, se fait de la mort ! Rien que ça !!
Il est facile d’imaginer que toute la pièce va ensuite vaciller entre comique de situation un tantinet lugubre, burlesque pur, mais aussi scènes plus sombres, allant puiser dans les profondeurs de l’âme. Et dans cet échange, autour de et sur le divan, entre celui qui est appelé et celui qui conduit au trépas, les rôles évoluent jusqu’à s’inverser.
La Mort s’humanise au fil de la discussion et des confidences, aidé d’un bon whisky 25 ans d’âge !
M.l’éditeur en fin d’existence cherche, quant à lui, à parlementer, négocier, gagner du temps...et même faire basculer le court de sa fin imminente ! Il tente le tout pour le tout en sortant sa meilleure bouteille [prouvant au passage que le paradis est une vaste supercherie !], et se retrouve face à un M.la Mort hypersensible et gai luron. Autour de quelques chansons au piano, il confie même son improbable relation, platonique et brûlante, avec la fameuse Nancy Sinatra, dont le regard l’aurait poussé dans les abîmes...de l’humanité et de l’Amour ! [Ahh cruel sentiment, plus périlleux que la mort elle-même !!]

Au final et pour résumé : beaucoup de burlesque, une part de mystère (mais petite quand même), une grosse dose de fantaisie pour une discussion très réaliste, avec une représentation de la mort sur le sens de la vie.
Une soirée très divertissante dans un théâtre de petite taille mais de grande valeur humoristique !!

[Adeline]

Quelques conseils de précaution :

  • Fermez vos fenêtres et blindez vos portes les soirs d’orages ;
  • Évitez les trop bonnes bouteilles trop tôt ;
  • Appelez vos correspondant.e.s allemand.e.s du lycée pour prendre quelques nouvelles !!