Les petits Lapins : comment vivre après le départ de ses enfants ?

Une pièce de Fred NONAY, avec Fred NONAY et Sophie ROBIN à découvrir du 27 au 29 février 2020 puis du 05 au 07 mars 2020 au Théâtre de Poche Graslin.

Pour commencer et pour ceux qui ne connaissent pas encore le Théâtre de Poche Graslin, je vous invite vivement à aller découvrir ce lieu. En effet, cette petite salle propose une programmation théâtrale très intéressante et qui, pour ma part, ne m’a jamais déçue. Au-delà de la grande qualité des spectacles proposés, c’est un lieu chaleureux et convivial. A chaque représentation, les propriétaires vous accueillent tout sourire et vous parlent des spectacles à venir. On sent qu’ils aiment le théâtre et surtout qu’ils aiment le faire partager.

Ayant déjà fréquenté le Théâtre de Poche Graslin auparavant, je décide d’y aller les yeux fermés pour cette soirée : un spectacle choisi au hasard. Dans la salle quasiment pleine, tous les âges sont rassemblés : famille avec adolescents, trentenaires en solo, couples jeunes et moins jeunes. Le thème de la pièce de ce soir semble attirer tous les publics.

Une pièce drôle et touchante

Le spectacle commence : un couple assiste impuissant à l’envol de leur dernier enfant. La pièce suit ce couple traverser cette crise du départ du cocon familial. Dès les premières répliques, les spectateurs sont happés par l’humour de la pièce. Les rires se font entendre à travers la salle. Je ris également et j’accroche à mon visage un sourire qui ne me quittera pas de la soirée. Les scènes sont entrecoupées d’apostrophes où les comédiens s’adressent directement à nous ; spectateurs ; sans attendre de réponses , juste pour se confier et se rappeler les souvenirs qui ont marqué leur vie. La proximité de la scène accentue cet effet « confidence » : face à nous, le regard presque dans le notre, ils nous racontent leur révision du bac, leur première rencontre ou les premiers pas de leurs enfants. Je trouve touchant d’entendre en aparté ces petits détails qui plaisent et agacent, ces petites choses qu’ils ne se disent pas mais qui rythment leur quotidien et qui font que ce couple est toujours attaché l’un à l’autre. La pièce parle des relations parents-enfants et des relations de couple bien sûr, mais pas uniquement. Elle nous parle avec douceur et amertume du désir, de ménopause, de la retraite et de la construction de soi. Bref, des thématiques qui peuvent parler à tout le monde et où chacun peut s’identifier. On se retrouve dans le regard niais d’un homme pour la femme qu’il aime, dans la façon dont l’autre vous surprend (même après quelques années), dans sa façon d’éviter les sujets qui fâchent, dans la jalousie et la complicité du quotidien, ou dans le choix du repas du soir.

Une scénographie intelligente et efficace

En un rapide changement de tenue et en quelques gestes, les comédiens nous font passer de l’aéroport à l’appartement, puis de l’appartement au cirque. Les comédiens jouent avec une simplicité et un naturel tels que j’ai l’impression de croiser mes parents en train de se faire la morale. Le texte est très drôle. Sans tout vous révéler du génie comique de l’écriture et juste pour vous donner l’eau à la bouche, voici quelques extraits qui m’ont beaucoup fait rire : « Si une opportunité passe sous votre nez, évitez de vous moucher » ou « Serre-moi !!! …….. Un verre !! » Toute la pièce regorge de répliques hilarantes. Le public semble sous le charme de ce couple et adhérer à l’humour de la pièce : de leur première dispute au câlin final ; les rires des spectateurs sont au rendez-vous !

Ce soir-là, je suis ressortie du théâtre boostée et amoureuse. Un vrai bon moment. Allez-y !!

Ingrid

NB : Penser à appeler plus régulièrement mes parents !!