Lettre aux amis de la musique du monde

Chers amis,

Je vous écris dans la chaleur de l’été à Nantes, à propos d’une soirée magique de printemps, qui a eu lieu le 7 avril 2017.

C’est la première fois que je viens au Théâtre Municipal de Rezé. Je me promène dans les ruelles calmes et fleuries jusqu’au parvis. Le public est venu en nombre, au plus tôt pour être aux premières loges. Vous me connaissez, m’étant perdue une fois de plus, je suis arrivée avec quelques minutes d’avance seulement et mes yeux myopes se sont contentés d’une place au lointain, à l’extrême opposé de la scène.

Est-ce qu’il y avait vraiment besoin d’y voir, la musique s’écoute-t-elle sans se regarder ? Pas ce soir là. Ce soir là, il y avait cet émerveillement du public que l’on observe dans les regards. Il y avait surtout cette complicité de deux musiciens rassemblés par la vie qui partagent avec nous le bonheur de leur rencontre et du chemin parcouru au fil des répétitions, enregistrements et voyages. Leurs influences sont multiples : musique mandingue, Brésil, jazz, contemporain, classique…

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Vous avez en tête ces soirées autour du feu où l’on refait le monde ? Où l’on chante, où l’on joue toutes sortes de mélodies des plus douces au plus déchainées ? Et ces images de villages où tous se connaissent et partagent leurs repas, traditions et sonorités locales ? C’est une de ces histoires que nous conte Ballaké Sissoko, grâce à sa voix et sa kora, accompagné de son ami Vincent Ségal et son violoncelle.

Ils se donnent entièrement à chaque morceau, ils s’amusent, réaccordent leur instrument en nous disant que souvent ils jouent faux, nous parlent de leurs émissions de radio préférées… Ils vérifient même que nous ne nous sommes pas encore endormis pendant l’un des interludes.

Je vous laisse explorer les méandres d’Internet pour découvrir puis vous imprégner de leur musique. Dans votre plus beau fauteuil ou dans votre lit, écoutez, laissez-vous emporter… Cela vous engagera très certainement à prendre des billets pour leur prochain concert.

Je vous laisse, j’ai déjà assez tardé à vous écrire et je m’en excuse, je vais essayer d’être plus prompte la prochaine fois,

Que la musique reste dans vos cœurs,

Amitiés,

Karine