Lord Esperanza s’est confirmé une fois de plus en tant que l’« Enfant du Siècle » !

Sally : nouvelle recrue du rap game français, avec Lord la relève des anciens est garantie

Lord Esperanza a laissé à sa jeune protégée, Sally, le soin d’ouvrir le concert. Encore inconnue du grand public, elle a offert quelques chansons qui l’intègrent dans la scène restreinte des prometteurs du rap français. Et honnêtement, ça rafraîchit d’avoir plus de femmes dans le monde musical du rap qui peine à se débarrasser des clichés machistes. À mon avis, elle n’aura pas de mal à se tailler une place dans le cœur du public, surtout avec un mentor de la trempe de Lord.

Un public exalté

D’ailleurs, parlons-en de Lord ! Après vingt minutes d’attente, il se maintient derrière les rideaux, chante l’un de ses singles et fait remonter la chaleur un peu redescendue. Et quand il arrive en trombe, alors là, la fosse s’anime, l’ambiance est installée jusqu’à la fin du spectacle. Et quelle ambiance ! La foule n’a pas hésité à danser frénétiquement des pogos de gauche à droite, et de droite à gauche ; à chanter les refrains tout en sautant, le bras en l’air ; à crier pour donner la réplique à Lord ou tout simplement pour l’acclamer ! Et Lord ne s’est pas privé de s’amuser avec son public ! Avec sa chanson « Oh Lord », les « mercis » ont su tonner quand Lord s’exclame : « Je regarde Rezé, je dis … merci » (bien sûr !). Et puis, sur scène, Lord s’est emparé d’un téléphone qui le filmait, a balayé la salle de l’appareil, s’est montré sur l’objectif et l’a rendu à son propriétaire aux anges. Ou bien, plus fréquemment, ce sont checks et high fives qui se sont échangés entre le chanteur et ses fans. Il a même pris un enfant âgé d’une demi-douzaine d’années sur ses épaules ! C’était un Lord chaleureux qui est allé au milieu de la fosse, à la rencontre de son public, et qui, à la fin, s’est retrouvé porté debout par ses fans, pour sa dernière chanson !

Des chansons, des classiques, des tubes

Tout le répertoire de Lord y est passé. « Oh Lord » à deux reprises, bien évidemment : qui connaît au moins Lord Esperanza de nom la connaît nécessairement avec son tempo ultra-entraînant. Quant au rythme plus posé — oserais-je même le terme de « chill » — de « Boulevard », il s’adresse, déjà plus, aux initiés. Les chansons « Noir » et « L’insolence des élus » et leurs saccades marquées se rapprochent plus de MHD. « Drapeau noir » s’inscrit ainsi comme un bon compromis, plutôt calme, entre tous ces styles, avec des paroles qui s’immiscent dans l’inconscient pour ne plus en ressortir, à l’image globale de la musique de Lord en fait. Le style chanté spécifique de « Maria » et « Anna » sort du lot et enrichit le panel de ses déjà très nombreuses approches musicales. Les célébrissimes « Tutoyer le ciel » et « L’Enfant du Siècle », plus caractéristiques de la marque de Lord, ont su attirer les voix du public ! Nous avons également écouté le morceau « Illusoire » tout juste publié sur Youtube ; dont le refrain paradoxalement enivrant a été repris par tous ceux qui le connaissaient déjà bien. De plus, les Nantais et Rezéens ont eu l’honneur de découvrir une exclusivité très bien accueillie. Je ne pourrai pas, bien sûr, citer toutes ses chansons, mais je tiens, néanmoins, à mentionner les morceaux « Et alors ? » et « Roi du monde », que j’aime également beaucoup, morceaux à la forme indéfinissable, si ce n’est que c’est du Lord Esperanza.

Chanteur et parolier de génie

Aussi, très loin de considérer ce concert de Lord Esperanza comme un pot-pourri de tout ce qu’il fait, je dirais que c’est la mise en valeur, d’une part, des titres qui ont fait son succès et que nous, fans, nous réclamons forcément, et d’autre part, de tout ce qui a construit le style de Lord, style inimitable, véritable âme musicale. Par ailleurs, il est à noter que sa touche personnelle, c’est aussi des références à une vaste culture littéraire, historique et pop qui ne fait que renforcer le charme de son écriture, ainsi que la « prod’ » de qualité de Majeur Mineur. Certes, sur trois albums déjà sortis pour un rappeur de vingt-deux ans, tous les immanquables sont passés au micro, et le nombre d’albums sera bientôt augmenté d’un petit dernier Drapeau blanc dès la mi-mai. Ce sera ainsi l’occasion de retourner voir avec plaisir Lord en concert !

Adrien Barrier