M. KROPPS, UNE UTOPIE EN MARCHE, par la Compagnie Gravitation

"Bienvenus dans votre nouvelle vie, nous vous accueillons les bras ouverts ! Et sachez-le, quand on travaille chez Kropps, on vit chez Kropps !"

Après une petite expédition pour arriver jusqu’à Indre (j’exagère beaucoup...), nous nous sommes installées dans la salle de la Maison des associations. Une fois la salle remplie, une certaine Françoise est entrée, pleine d’énergie, nous saluant comme si nous nous connaissions de longue date. Après avoir accueillis les « nouveaux » du groupe, fait le point sur l’agenda du collectif (atelier « Gourmandise cul-culinaire » et autres joyeusetés), fait appeler Bernard Kropps par une spectatrice, ce dernier nous a rejoint.

On comprend vite qu’on est en fait ici rassemblés pour la 18ème réunion d’un collectif orchestré par Bernard Kropps. L’objectif est la création d’un espace de vie collective entre tous les salariés d’une entreprise de construction de rond-points, tel le familistère de Guise de l’industriel Jean-Baptiste André Godin. Et l’ordre du jour est le vote (crucial) de la taille des futurs espaces individuels et collectifs. Privilégierons-nous de grands espaces individuels et de petits espaces collectifs ou l’opposé ? Telle sera notre préoccupation de la soirée. Car nous ne sommes pas uniquement là pour observer un débat, mais bien pour y prendre part !

A la manière du théâtre forum, l’idée ici est de mettre en scène un débat, avec des personnages fictifs chacun porteur d’une certaine vision du collectif, en y incluant les spectateurs, venus eux-mêmes avec leur propre vision du collectif. Passé le stress du « j’espère qu’ils ne vont pas me faire participer », on se prend assez vite au jeu, on participe et on rit, beaucoup.

Pendant tout le débat, à chaque intervenant, on se demande s’il est simple spectateur comme nous ou si c’est un comédien. Une bonne partie de la soirée, on dénombre 3 comédiens (Bernard Kropps et Françoise, dont la participation est évidente, puis rapidement Gilbert, plutôt en forme). Bien plus tard, alors que nous avions presque baissé notre garde, intervient une jeune femme très timide. C’est seulement après quelques minutes de participation de plus en plus engagée que l’on se permet d’affirmer que c’est une comédienne. Puis quelques minutes plus tard, un autre comédien sort de son anonymat.

Et c’est là tout le talent des comédiens ici : nous faire croire pendant le plus longtemps possible que ce sont des spectateurs lambda, et nous faire fortement douter pendant les premières minutes de leur intervention.
Même si on sent bien qu’il y a un fil conducteur assez précis, leur talent réside aussi dans le fait qu’ils soient capables de rebondir facilement face aux participations et réactions du public, et de quoi qu’il arrive continuer leur fil conducteur.

Du rire, du surprenant, de l’énergie, de l’interactivité, des réflexions qui peuvent être transposées dans la « vie réelle », … ce fut un concentré de belles choses. Une très belle surprise !

J’en profite également pour saluer l’action de Ici ou Là, le projet artistique et culturel créé à l’initiative de la ville d’Indre il y a plus de 10 ans, et qui anime cette « petite » ville de 4000 habitants. Un projet « hors les murs » qui va à la rencontre de son public avec des spectacles et des actions de sensibilisation, avec toujours l’envie d’inciter l’appropriation du projet par la population. Bref, un beau projet qui me semble assez indispensable de nos jours.

Cécile M. 

M. KROPPS, UNE UTOPIE EN MARCHE, par la Compagnie Gravitation (Besançon)
Création collective de : Florent Blanchot, Max Bouvard, Olivia David-Thomas, Fabien Thomas, Jean-Charles Thomas, Natalia Wolkovinski
http://gravit.org/wp/

Le reste de la saison Ici ou Là
http://www.ici-ou-la.fr/saison-en-cours/