Marathon gastronomique à Indre

Marathon, solo de cirque de Sebastien Wojdan du cirque Galapiat au coeur de la saison Ici ou là à Indre.

A Indre ce jour là, nous sommes reçus comme des rois.
Ambiance de guinguette, soleil au RDV, herbe tendre tout autour de nous, caravanes … la saison d’Ici ou Là bat son plein, les rendez-vous s’enchaînent, et je commence à reconnaître quelques habitués.
Ce rendez-vous là est un incontournable, un point fort de la saison avec au programme un repas gastronomique et un spectacle fantastique.
Je me sens au début un peu comme au mariage d’un vague cousin, je m’attable en prenant une place au hasard, je salue timidement mes voisins, j’attends que quelque chose se passe.

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Le spectacle est d’abord pour les papilles : au menu des légumes rissolés, du boeuf mariné au gingembre, du bon vin et même un peu de vodka, des petites purées de noix de cajou ou de pois cassés, un cheese cake à tomber par terre avec ses chips de chocolat caramélisé et ses fruits rouges … on ne se moque pas de nous, et l’équipe de Black & White, les cuisiniers du jour, s’est surpassée. Des serveurs en chemise blanche sont au petits oignons avec nous, tout le monde se détend et les discussions vont bon train. Le débarrassage se fait en grande pompe avec guitariste et mini concert solo sur le charriot à vaisselle !

Tout ceci permet de briser la glace entre les spectateurs, de créer un moment de convivialité avant de regarder tous ensemble dans la même direction, vers le centre de la piste.

Puis vient le spectacle, une certaine attente se fait ressentir …
Nous sommes à l’extérieur, nous nous hâtons vers une piste circulaire entourée de gradins et d’un cercle de toile qui nous isole du monde mais nous laisse voir les étoiles se lever. Les moustiques dansent dans la lumière des projecteurs, et un artiste lance la musique en lançant une boucle qui s’enrichit, clavier, saxophone, chant, nous entrons dans la danse.

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L’artiste s’arrête, prend le temps de regarder tout ce public réuni autour de lui, nous dit bonsoir, puis sort une balance et se pèse, inscrit son poids sur une ardoise et la range dans un coin.

C’est parti pour une heure trente de spectacle. Sebastien Wojdan est seul en piste et nous tient en haleine, à en perdre la sienne. Il enchaîne les performances de lancer de couteaux, de massues, de skateboard, de corde molle, d’acrobaties, de danse, de chant, de blagues et d’équilibriste, autant de numéros qui nous font rire et nous estomaquent. Heureusement, nous avons le ventre bien plein et nous restons à terre tandis que lui s’envole, un flambi sur la tête, des couteaux sous les pieds, des ballons de baudruche sur les doigts et le sourire aux lèvres.

Ce Marathon est un défi lancé à lui-même, un spectacle où l’artiste se donne entièrement, sue à grosses gouttes et conquiert tout son public. On se laisse entrainer dans cette course par ce type un peu fou qui joue à cap ou pas cap tout seul pour notre plus grand plaisir.

Je retiendrai de ce spectacle cette chorégraphie jonglée effectuée avec une quarantaine de massues étalées par terre, en vrac, parfois brisées. Il prend le temps de jouer avec chacune d’entre elles, de danser, de les envoyer dans les étoiles sans qu’elles ne retombent jamais sur la piste. Je resterai aussi bluffée par la scène finale où l’artiste fait une danse acrobatique autour d’un cactus aux épines acérées, dix ballons de baudruche de toutes les couleurs gonflés au bout des doigts. Explosif.

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Pour finir, il enlève son T-shirt détrempé, l’essore et reprend sa balance. Il a perdu ce soir là 1,8 kilos d’énergie, de créativité, d’habileté et d’humour. Nous spectateurs, nous avons gagné à peu près autant en cheese cake, en rencontres et en évasion circassienne.

Coralie M. pour le blog des spectateurs