Mélange de culture avec Titi Robin

Après quelques petits détours pour trouver la salle, ce mardi 19 mars au soir était la première fois que je mettais les pieds à La Soufflerie. La salle est comble et le public plein d’énergie, je me place en hauteur pour voir toute la scène. L’ambiance est électrique, on sent l’envie de découvrir ce nouveau projet de Titi Robin. A la description du concert, il semblerait que l’artiste sorte de sa zone de confort et ai décidé de monter un groupe composé d’origines multiples tout en utilisant de la guitare électrique, instrument peu utilisé par l’auteur compositeur.

Sur scène il y a 6 artistes, une batteur et un guitariste/chanteur français, un pianiste sicilien au synthétiseur, un bassiste brésilien, et un duo chant sarangui indien. Le sarangui est un instrument de musique hindou qui a quelques analogies avec le violoncelle, bien qu’il soit monté d’un plus grand nombre de cordes et que le corps de l’instrument soit plus petit. De par la composition du groupe on peut s’attendre à un mélange audacieux de genre entre musique française aux influences rock (guitare électrique) et musique traditionnelle indienne.

Ce mélange a bien eu lieu, surtout a l’entame du concert ou le synthétiseur commence à jouer tout seul puis vient la basse, puis la batterie et la guitare. Après une petit temps à 4 instruments, la voix du chanteur hindou vient enfin se poser sur la lente mélodie jouée par Titi Robin et ses musiciens. La superposition des styles est intéressante malgré le manque de peps pour une ouverture de concert. C’est alors que le chanteur s’arrête pour laisser place à son ami qui commence à envoyer quelques notes de sarangui. A cet instant, le public en prend plein les oreilles. J’ai vraiment apprécier découvrir cet instrument en dehors d’un contexte de solo et voir le saranguetiste manier avec virtuosité son archer pour qu’il se balade sur les cordes de son instrument était passionnant.

D’une manière générale, je trouve que le projet de Titi Robin ne manque pas d’intérêt dans son idée cependant la réalisation n’était pas assez aboutie à mon goût.
Certains aspects du concert étaient plaisants comme l’utilisation du sarangui pour jouer la même mélodie que la guitare électrique ou le synthétiseur, action créant une emphase entre les deux instruments très agréable à l’oreille. L’identité de la musique indienne se mélange très bien avec les instruments classiques des groupes de rock. D’autres aspects en revanche m’ont moins plu comme les solos guitares trop nombreux et trop longs, cela m’a parfois donnée l’impression d’écouter des morceaux sans structure de base, sans réel refrain.
Les parties "slam" qui entrent trop en contraste avec la musicalité de la voix du chanteur indien ont appuyé le côté déstructuré des morceaux qui m’a dérangé.

Ce projet mériterait d’être retravaillé pour présenter des morceaux plus abordables et entrainant pour un large public. On apprécierait alors mieux l’entièreté de l’œuvre.

Amaury Courtois