Métissage enchanteur de Bertrand Obrée

Concert de musique bretonne/orientale au Nouveau Pavillon le 15/02/2018.

C’est l’histoire de quatre musiciens qui arrivent sur scène, l’un se place au milieu de tous ses tambours, tam-tam, grosse caisse, calebasse, et autres percussions venus de plusieurs endroits du monde, et qui vous promettent des rythmes entrainants. Un autre enlace sa contrebasse, reine des instruments à cordes frottées au son chaud et rond, qui vous promet une musique jazzy. Le troisième s’assoie auprès de ses oudes et rien que la vue de ses instruments vous transporte dans les pays d’Orient. Le quatrième, enfin, se place avec son violon : instrument si connu mais dont les registres de jeux sont si variés.

C’est dans ces appréhensions pour essayer de savoir quelles musiques nous allons écouter, sous une lumière bleutée, qu’arrive Bertrand Obrée. La musique commence et soudain sa voix profonde et chaude prend de l’ampleur dans cette petite salle pleine à craquer du Nouveau Pavillon à Bougennais. Il chante dans une langue étrange, une langue familière que l’on arrive à comprendre sans en saisir toutes les nuances, une langue qui, accompagnée de sa musique, vous transmet la poésie et la sagesse qu’elle porte. C’est en Breton qu’il chante, et c’est en Breton qu’il nous parle. Bien que difficile au début pour des non-initiés, nous nous étonnons à le comprendre presque parfaitement à la fin du concert.
À chaque chanson son univers servi par de très simples, mais justes, jeux de lumières. Les cinq hommes vivent leur musique et nous la font ressentir. Elle nous emmène sur des coussins de soie en Turquie ou dans une maison sous la pluie à partager la souffrance d’une femme qui attend son mari. Tous les instruments aussi différents soient-ils s’accordent parfaitement dans ce mélange turco-breton, la voix de Bertrand Obrée les lie élevant ainsi ses compositions.

Avec deux rappels, dont un a capella, Bertrand Obrée et ses talentueux musiciens nous ont conquis. Bien qu’un peu méfiante à l’énoncé d’un tel mélange de genres j’ai été charmée par ce concert qui vous fait voyager, dont la voix résonne en vous, et qui vous fait découvrir la richesse de cet univers et comment Bertrand Obrée arrive à les sublimer.

Clotilde Peyroche d’Arnaud