« Nous sommes tous 99 !!! »

Mais qu’est ce que 99 ?? C’est le chiffre du département figurant sur le numéro de sécurité sociale pour les personnes nées hors du territoire français. Or ce département n’existe pas ! Marc Nammour poète franco-libanais considéré lui-même comme 99 entre, sur la scène du Piano’cktail, revendiquant sa place d’artiste pour exprimer son sentiment d’injustice, son regard sur le monde d’aujourd’hui.

Le poète nous partage des brèves de son histoire, des souvenirs de guerres. Les lumières mettent en valeur la dimension intime, introspective du poète. Les cinq musiciens apparaissent dans un puits de lumière tamisée. Leur visage sont à peine perceptibles. Les sonorités du qānûn et les lumières en arabesque évoquent les racines du poète.

Puis, la musique électronique nous transporte dans un univers de science-fiction. Nous comprenons par les textes, qu’il s’agit de l’absurdité du no man’s land du département 99. Namour dénonce cette stigmatisation. Avec vivacité et ironie, le poète provoque, déclame l’injustice. Le message dérange, questionne. Je me suis sentie mal à l’aise et parfois gênée d’applaudir face à la réalité qu’exprime l’artiste.

Le poète, au travers de son spectacle, valorise le métissage des cultures. Composé d’instruments d’origine différentes : contrebasse, instruments à vents tels que le saxophone, la flûte traversière, musique électronique, le qānûn. Il est à la rencontre de différents styles de musique. Ses textes mêlent l’arabe et le français valorisant son propre métissage.

Enfin, le spectacle se termine par un texte qui accepte cette catégorie en y donnant autre sens. « Nous sommes tous 99 ! ». Il fédère, il casse les barrières, il nous renvoie à notre humanité.

Elsa B