On fait la paix ?

Une histoire de princesse, de prince charmant attendu, de baiser volé et de conte de fées. La vraie surprise, c’est que ça m’a plu.

Je n’aime pas les pièces comiques. Ce n’est pas parce que je n’aime pas rire, c’est que je trouve souvent cela grotesque. Et puis, je suis mal à l’aise devant les blagues qu’on voit venir des heures en avance. Ça aussi ça me met mal à l’aise. Alors souvent, quand je ris, c’est plutôt par gêne que par amusement. Et depuis, je n’y vais plus, voir ces pièces comiques. Surtout pour rendre service aux comédiens, qui eux, font bien le boulot.

Mais je n’avais jamais mis les pieds au théâtre de poche. Et s’il y a une chose qui peut me faire tout accepter, c’est de découvrir de nouvelles salles. J’y suis allée pile à l’heure, avec un peu d’appréhension. Je jouais gros sur cette soirée. J’avais pris une babysitteur pour garder ma fille et m’empêcher de faire marche arrière.

C’était donc notre première au théâtre de poche, à moi, mais aussi à la pièce « Milady en sous-sol » qui s’installait pour six représentations. Et c’est peut-être parce que c’était notre première à toutes les deux, qu’on devait être un peu timides et méthodiques, qu’on s’est senties à l’aise.

Dès le début, j’ai su que ça allait bien se passer. Sûrement grâce à l’accueil soigné qui nous ferait oublier qu’on a quitté la maison et le décor chaleureux de la petite salle. On sait bien que ce n’est pas la taille qui compte. Ni le nombre de spectateurs. Ni le nombre d’acteurs.

Ils sont deux. Elle, princesse aux bois dormants endormie depuis 500 ans, à l’haleine de l’époque et aux mœurs oubliées. Lui, petite racaille au cœur tendre, faible représentant de la jeunesse 2.0 et de nos codes d’aujourd’hui. C’est un conte de fées  : on s’attend à ce qu’ils s’aiment. Eh bien pas tout à fait.

Cette mauviette de prince charmant s’est perdu en chemin, bouffé par un dragon. Berthe, princesse maudite aux envies de sommeil espère des temps meilleurs. Elle est réveillée par Eddy – rapport à Eddy Mitchell – qui se la joue gros dur évadé de prison pour les besoins d’un concours de air guitare.

J’ai adoré. Et ça c’est rare. J’ai adoré parce que c’est sans clichés, sans humour aux gros souliers ; parce que c’est tendre et fin, énergique et bien joué. J’ai adoré parce que je n’aime jamais, d’habitude, et parce que ça me change. Ça me réconcilie avec la comédie. Ça me réconcilie avec moi-même. Il fait du bien ce sentiment de rire en même temps que tout le monde.

Il en faut de l’énergie pour tenir une scène à deux, pendant 1h20. Et justement, les comédiens n’en manquaient pas. Il en fallait aussi beaucoup pour m’embarquer et me séduire, et ça tombe bien, parce que de l’énergie, ils en avaient plein les bras.

Pour ceux qui aiment le genre, allez-y, n’attendez pas. Pour les autres, ceux comme moi, les réticents, les réfractaires au burlesque, il est peut-être temps de faire la paix.

La pièce se joue au théâtre de poche du 29 novembre au 01er décembre, à 19 heures.

Marie