Pépite vous évite les naufrages

Dans le froid de ce mois de novembre où les jours sont gris et les nuits noires, Pépite nous offre un crépuscule rose pour une nuit violette et chaude d’amour. Il s’agit pourtant de l’amour au sens large : celui de l’amoureux qui chante une ballade, mais aussi celui qui lie les musiciens entre eux par leur plaisir et celui qui unit les spectateurs qui partagent ce moment, coupés de l’extérieur.

La Barakason est une petite salle dont le sol est fait du même parquet qu’à la maison : c’est la promesse d’un moment simple et intime dans une douceur bienveillante. Elle se remplit tranquillement et dans un calme joyeux.

Le sourire qui marque la bouche de chacun des artistes à leur montée sur scène ne peut ainsi que présager une soirée de plaisir car il est communicatif. En effet, un grand sourire s’imprime sur notre visage dès leur apparition : on sent qu’ils vont nous embarquer pour ce qui s’annonce être une thérapie de nos cœurs automnalement moroses.

Je connaissais le son de Pépite, mais pas son visage à deux têtes. Or, les regards que s’échangent les membres de ce duo fait de délicatesse nourrissent l’énergie de leur musique. En effet, la dévotion dans la voix et la propulsion dans le corps donnent à chaque morceaux une émotions propre sur le fond d’une même émotion salvatrice. On a donc ici affaire à un vrai duo : deux identités se complètent pour former un univers dont le chant comme la guitare sont signatures.

La taille de la salle implique une proximité qui pourrait intimider. Mais Pépite veut nous parler et l’on est heureux de pouvoir aussi bien les regarder. La complicité des artistes fait partie du spectacle et il est jouissif de les voir prendre autant de plaisir à nous partager leur musique. Ils nous prennent par la main jusqu’à ce que l’on ne veuille plus quitter cette bulle de fraîche mélancolie. Alors on se laisse porter : la voix prend notre tête, la musique notre corps et le guitariste notre regard ... On danse face à ces lumières vives et sucrées comme Pépite.

Ainsi, comme le chanteur qui descend dans le publique, nous descendons dans cette idylle tropicale dont il est difficile de bien vouloir sortir.

Camille L. Magat