Que la musique est belle avec l’ONPL !

Un mardi soir pluvieux, j’ai à peine le temps de profiter des belles lumières de la Cité des Congrès que l’on rentre entre les parapluies et les gouttes de pluies. A l’intérieur la grande salle se remplie bien, jusqu’au deuxième balcon, certains prennent déjà de la hauteur. Je dénote un peu entre les cheveux blancs, mais ce qui importe c’est ce qui se passe sur scène non ?

La promesse, avant même que cela ne commence, est belle. Grande formation, Richard Wagner, Richard Strauss, le voyage, les paysages, la montagne. L’orchestre national des Pays de la Loire ne perd pas de temps, après la cacophonie de l’accordage, le chef d’orchestre Pascal Rophé entre en scène pour mener tout ce beau monde à Nuremberg.

Dès les premières notes je comprends bien l’importance du « grand ensemble », c’est grandiose, puissant et entrainant. On s’envole entre les maîtres chanteurs, puis les murmures de la forêt. Dans cet extrait de Segfreid l’envolée de note n’est pas peu dire, on s’imagine déjà montant jusqu’à la cime des arbres, jusqu’aux vastes canopées. On se prend dans les vents…et dans les cuivres, jusqu’à se faire saisir par les cordes, du Vaisseau Fantôme. Dans cette ouverture le public, et moi-même d’ailleurs, ne cache pas son enthousiasme ; l’entracte s’ouvre sur des applaudissements très fournis.

La seconde partie s’annonce plus rude, la symphonie alpestre de Richard Strauss c’est 50 minutes de mouvement sans interruption. Une véritable ascension ! Mais je reste enthousiaste, la scène se remplie encore un peu plus de musiciens et je peux déjà deviner la tempête qui va s’abattre sur nous quand je jette un petit coup d’œil aux impressionnantes percussions qui dominent l’ensemble.

Une fois de plus c’est sans fausses notes, une ascension musicale tout en douceur. Si je ferme les yeux je peux presque voir se découper les montagnes en arrière-plan. Il y a même quelques vaches qui passent avec leurs cloches ! Les plus endormis n’auront cependant pas pu rester de marbre face à l’orage musical qui a résonné dans la Cité, très impressionnant et en adéquation avec le temps nantais du moment. Enfin, le mouvement retombe doucement dans la nuit, apaisant tout le monde pour signer la fin du concert tout en légèreté.

Ainsi, je suis une nouvelle fois conquise par cet orchestre symphonique, plongée dans des paysages musicaux aussi puissants que vivifiants. Et je laisserais le joli mot de la fin à Eva, ma voisine de spectacle, pour qui le spectacle était « une invitation à la contemplation et à la méditation, un lâcher prise de l’esprit le temps d’une soirée se laissant divaguer vers un imaginaire. »

Ombeline BELLOT