Rebetien ou le Pauvre voyage

Avec Rebetien, on entend les heures passées à apprendre, les coins de cafés partagés à revoir les notes et les chants. Mais ce qui devait donner vie à l’histoire et au peuple, devient un concert statique et esthétique abandonné par les bas-fonds de la rue.

Rebetien
La Soufflerie - Rezé
Le 16 mars 2018

Quand on pense à la musique traditionnelle grecque, on voit le large et les revendications sociales, les étés à attendre la nuit et les marins qui reviendront un jour.

Rebetien, en concert le 16 mars à la Soufflerie de Rezé, nous donne à voir l’histoire de leur pays à travers le Rebetiko, musique populaire retraçant les mouvements de populations greco-turques.

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© Sophia Papacosta

Avec eux on entend les heures passées à apprendre, les coins de cafés partagés à revoir les notes et les chants. La technique est incroyable. L’accordéon, le chant, la guitare et le bouzouki s’accordent alors que le violoniste subjugue par sa virtuosité.

La salle est pleine mais la magie peine à se faire connaître. On voudrait être transporté.e dans le port de Pirée, vivre les mœurs légères des années 20 et la douleur de l’amour. Il n’en est rien. Tous accoudés sur le siège du voisin, on attend presque la fin tant les morceaux manquent de chaleur. Ils bercent sans jamais emporter, ils calment sans jamais apaiser.

Ce qui devait donner vie à l’histoire et au peuple, devient un concert statique et esthétique abandonné par les bas-fonds de la rue. Le manque d’interaction avec le public, l’absence de mise en scène et de lecture des textes y est certainement pour beaucoup.

C’est une déception.

Ayant découvert le Rebetiko par Quai des Brumes, je vous encourage à aller les voir lors du festival YA KA ! organisé par l’Atelier des Initiatives. Un voyage sans retour.

Mathilde Cassard