Silence on joue !

"Western", théâtre performance très expérimental au TU

Dans le cadre du festival SPLASH organisé par le TU autour du lien entre performance, théâtre et art visuel, un spectacle hors du commun s’offre à moi ce soir.

Fermez-les yeux, imaginez que vous êtes dans le désert, dans l’Ouest Américain. Le vent souffle au loin, le cliquetis d’une chaîne résonne dans le silence. A travers la brume du matin, un train siffle, et puis plus rien. Bienvenue dans « Western », exploration sonore et visuelle d’un univers fantasmagorique qui est celui de votre imagination...

La scène est dans le noir total pendant près de la moitié du spectacle, noir entrecoupé de visions aussi abstraites et décousues que le fil de l’histoire auquel le spectateur essaye tant bien que mal de se raccrocher. Or c’est inutile ! Il ne s’agit pas d’une pièce de théâtre, d’une histoire ou d’un ballet auditif ou visuel, il s’agit d’un expérience. Un peu comme lorsque certaines personnes disent avoir eu une expérience hors de leur corps : les acteurs nous soumettent sons et images, performance aussi à la fin, le tout de la façon la plus incohérente et la plus abrupte possible, et c’est à chacun de se débrouiller avec cela.

Une performance pour spectateur en recherche d’expériences et de sensations fortes donc. Ici on ne vient pas pour passer un bon moment ou consommer de la culture, mais pour réfléchir, prendre du recul par rapport à notre situation, à la vie, et pour se faire déranger et secouer un peu. Il faut aimer ça. Ce n’est pas mon cas. Mais il est vrai que j’ai pu faire l’expérience de ce que perçoit un aveugle lorsqu’il va au théâtre et redécouvrir toute la richesse et la sensualité de ce sens que l’on a tendance à oublier au théâtre « l’ouïe ». J’ai appris à lâcher prise au fur et à mesure du spectacle, à ne plus essayer de décrypter chaque son, ou de comprendre chaque image pour essayer de reconstruire une histoire mais plutôt me laisser porter par le spectacle sans en attendre plus que ce qu’il a à donner. J’ai enfin, apprécié le jeu sur l’attente que crée ce genre de spectacle où le spectateur n’a plus aucun repère : quand la lumière va-t-elle revenir ? Quelle est l‘histoire, le but de tout cela ? Où sont les acteurs ? Quelles sont les limites de la scène et de la représentation ? Où veulent-ils en venir avec cette performance finale totalement absurde ?

En conclusion, je dirais que c’était une expérience mais qui d’un point de vue personnel ne m’a pas plu et je repars avec trop de questions sans réponses devant ce spectacle qui pourrait aussi bien être une arnaque absolue qu’un coup de géni, qui sait ?

xouy