Soirée spéciale courts-métrages – Festival de Cinéma Espagnol

Lundi de Pâques, la foule est attroupée devant le théâtre Graslin.

Une soirée spéciale dans le cadre dans ce magnifique théâtre aux sièges bleus, j’observe les fresques au plafond, l’ambiance qui règne. Déjà dans la queue, les gens se parlent en espagnol, quel plaisir d’entendre cette langue. Ils semblent se connaître, les embrassades, les éclats de rire, on sait que l’on va passer une bonne soirée, dans un lieu magnifique qui plus est.

Six présentés ce soir-là, six films en compétition. Chaque année je me demande comment est faite la sélection, l’année dernière déjà, les thèmes étaient assez noirs, les sujets parfois lourds.

Et là, encore une fois, on attaque avec du lourd. Madre. Un plan séquence, du lourd en termes de réalisation, du lourd en termes de jeux d’actrices, du lourd en termes de thème : un enfant de six ans appelle sa mère pour lui dire que son père qui l’a emmené en week-end à la plage a disparu, il est seul, il a six ans, il a juste un portable, et la batterie est sur le point de se couper. Lourd en termes d’ambiance, légère au début, puis qui pèse, tend, angoisse…
J’applaudis la performance, cette lourdeur m’a happée et j’ai aimé ça.

D’autres sujets, plus ou moins légers, sont abordés au cours de cette soirée, la violence et la dureté d’une vie ouvrière, les rapports amicaux qui tournent au drame, le corps qui s’exprime, la rencontre, les relations entre hommes et femmes…

Et puis il y a ce court qui me touche particulièrement, « El escarabajo al final de la calle ».

Le synopsis : Depuis que sa femme est décédée, Amadeo prend soin de son beau-père, invalide. Il mène une vie routinière et tranquille dans un petit village en Valence, jusqu’au jour où Lolín, la fille de la poissonnière, a une prémonition : Amadeo n’a plus que 7 jours de vie...

Ce film me touche personnellement, originaire d’un petit village de la région voisine, l’ambiance du village de ce film me touche, je me sens à la maison : les petites rues, la banda – la fanfare – qui se met en route à la première occasion, les petits vieux qui papotent dans la rue, la poissonnière au cœur du village, la paella géante pour les jours de fête, les retrouvailles sur la place du village, les drapeaux dans les rues, l’envie de partager et de vivre des moments forts tous ensemble, mais quand la première occasion de critiquer et de lancer des commérages se présente, le village entier se rue dessus !
J’ai voté pour ce film, pour sa justesse et sa drôlerie, et j’espère qu’il recevra le prix du public, tout le Théâtre semblait emballé par cette histoire loufoque et délirante !

La soirée s’est prolongée à l’espace Cosmopolis, un verre de vin et quelques tapas à partager dans une ambiance chaleureuse. DJ Poposki aux platines, même si sont nom de sonne pas espagnol, je vous l’assure, le son était très bon :)

Je savais que cette soirée était une bonne idée, le Festival de Cinéma Espagnol est un festival de qualité et reconnu, et une fois de plus j’y ai passé un agréable moment - les amis qui m’accompagnaient m’ont remercié 15 fois de leur avoir fait découvrir.
Hâte d’être à l’année prochaine, pour me plonger dans ces sièges bleus et me laisser emporter par des films, où une fois de plus je me demanderai comment est faite la sélection, et pourquoi ce sont toujours des films assez noirs et torturés qui sont diffusés, mais dans le fond peu importe, tant qu’ils m’emportent.

Lucie