Soleil Blanc, présenté au Grand T

Un film est tout d’abord passé sur un écran : c’est l’interview de plusieurs enfants qui nous parlent de la nature, des hommes et des enfants sauvages. Est-ce que, tout comme les animaux sauvages, il y a les enfants sauvages ? La vidéo se termine, et le conte commence alors. Les comédiens aux costumes fantastiques mêlent l’histoire qu’ils racontent à du théâtre d’objet et à de la diffusion vidéo. L’atmosphère produite est alors enivrante et surnaturelle.  

Le conte retrace l’histoire d’un enfant, Korb, qui est recueillit par une louve alors qu’il dormait sous la neige, par un temps glacial. La louve se fera tuer, et le garçon sera une nouvelle fois recueillit, cette fois-ci par un personnage barbu nommé Le Maître, et une jeune fille qui l’accompagne. Commence alors un apprentissage laborieux du langage à l’aide de livres anciens. 

La fable questionne beaucoup de choses, et par ses chants féeriques, elle nous emporte dans un monde d’avant la nuit des temps. La pièce parvient parfaitement à créer une ambiance qui nous éloigne de notre monde contemporain, tout en le questionnant. Au-delà même de notre époque, c’est l’essence même de l’individu qu’elle interroge, son éducation et la manière dont on lui transmet des valeurs. 

J’aime beaucoup les formes littéraires du conte et de la fable, car ils ont cette manière humble et universelle de permettre aux spectateurs ou lecteurs de retourner les évidences et à se confronter à un cas qui ne s’inscrit pas dans une époque particulière. La metteure en scène, Julie Berès, a parfaitement réussis le défis d’incarner cette fable par de vrais acteurs, tout en apportant sa touche visuel et sonore. Le spectacle devient alors un spectacle intense et total, qui ne peut pas nous laisser indifférent. 

Je conseille à tout le monde d’aller voir cette fabuleuse découverte à la scénographie ingénieuse et éblouissante !

Séréna