Sur les ailes du Oud

La salle est comble au Piano’cktail.

Assise au tout premier rang, je me retrouve au pied de la scène.
Les musiciens s’installent, au saxo, à la basse /synthé et à la batterie aux milles percussions, Dhafer enfile son Oud.

Dès les premières mesures il nous plonge dans un voyage éthéré. Sur les nappes de musiques, nous explorons différentes contrées, assis là, bien à l’intérieur de soi même, de l’Inde à la Tunisie en passant par la Nouvelle-Orléans. De longs moments d’errances me prennent, perdue que je suis dans ces mélopées, ces complaintes et ces bifurcations musicales et vocales. Les musiciens se répondent, s’accompagnent, se regardent… Dhafer, à la manière des groupes de musique karnatique indien tisse une histoire entre les musiciens, débusque les espaces pour qu’ils puissent s’y déployer. Stéphane André, jeune parisien d’origine indienne aux percussions, s’emporte dans ses rythmes impétueux, plein de forces et de bonheur d’être là, nulle part ailleurs. Toujours le sourire au lèvre, il joue avec la musique comme d’autre s’essaieraient à l’escrime.

La beauté opère.

Et dans cette soirée du milieu de semaine si chargée, je dépose ma fatigue, j’oublie.

Alice