Te Deum de Berlioz joué par l’ONPL

Une fois n’est pas coutume, nous nous sommes laissés tenter, sur les conseils des collaborateurs de l’ONPL (Orchestre National des Pays de Loire) par un concert de musique classique. Le concert de clôture de la saison 2017-2018 donné ce mercredi 20 juin est particulier à plus d’un titre.

En effet, il s’agit d’un hymne sacré composé par Berlioz et initialement destinée au sacre de Napoléon III. Le compositeur et chef d’orchestre ayant toujours privilégié les grosses formations, le chœur de ce soir ne comptera pas moins de 420 adultes et 230 enfants ! Pour réaliser un tel exploit, l’ONPL a du rassembler, en plus de son chœur habituel, 13 autres formations afin de jouer le Te Deum tel que Berlioz l’avait imaginé.

C’est donc vers 20h30 que nous rejoignons le flot compact d’une foule grimpant les étages de la salle de concert, impatiente de voir s’exécuter les musiciens et chanteurs du Te Deum . En hauteur, nous sommes très bien placés pour profiter du spectacle qu’offre une salle qui donne l’impression de posséder autant d’acteurs que de spectateurs !

La première partie ne possède pas de rapport avec le Te Deum, mais se révèle être une composition pleine d’allant, joyeuse et enlevée. Le titre est Ouverture du Carnaval Romain, en hommage au Carnaval de Rome dont il fut témoin lors de son passage (forcé, selon ses propres dires) en tant que lauréat du prix de Rome de 1830. Changements incessants de rythme, utilisation judicieuse des cuivres, jeux de flûtes variés, tout contribue à l’impression d’allégresse ressentie par le compositeur lors de ces fêtes gigantesques.

Après une courte pause, l’hymne du Te Deum commence tout en douceur avec une assez longue partie instrumentale, ou les chœurs viennent simplement appuyer la ligne mélodique. Puis la partie chantée prend toute son ampleur, et l’on entend enfin gronder de toute sa puissance un chœur minutieusement orchestré. Le chant s’allonge et se module au gré des chœurs d’enfants de femmes ou d’hommes qui se succèdent. Le ténor Philippe Talbot nous gratifie aussi d’un magnifique solo.

Si la qualité de l’orchestration et l’exécution forcent l’admiration, nous sommes tout de même dubitatifs sur le choix d’une telle œuvre : un peu lourde et souvent pompeuse, elle donne l’impression d’être l’exacte anti-thèse de l’ouverture du Carnaval Romain. On comprend que cette composition nécessite un tel formalisme, mais, pour autant, le choc et les effets que l’on pourrait attendre de la part d’un chœur d’une telle ampleur n’a pas eu lieu…

En tout cas il faut souligner la performance et les choix audacieux de l’ONPL pour nous faire revivre de tels monuments musicaux qui nous emportent deux siècles en arrière. Nous souhaitons vite y retourner pour la saison 2019 !

Tgy.