The little match girl

Un tableau choral musical et visuel surprenant.

C’est dans le cadre du Printemps des choeurs que la Soufflerie présentait la création The little match girl de la compagnie Macadam Ensemble. L’univers des contes m’a toujours intéressée et c’est avec une certaine impatience que je me présentais ce mardi 15 mai aux portes de la Soufflerie. En attendant le début du spectacle, je me réjouis de lire à nouveau ce conte grâce au programme et comme à chaque fois, la profonde tristesse de l’histoire de cette marchande d’allumettes commence à me serrer la gorge. Je suis toujours emportée par ce subtil mélange d’injustice, de solitude, d’amour et par l’art du conteur pour nous emmener au cœur de son histoire.

12 solistes, 6 hommes et 6 femmes, sont en demi-cercle, face au public, avec au centre celui qui les dirige, Etienne Ferchaud, le créateur de Macadam Ensemble. Sur la droite, Nathalie Guimbretière gère la création vidéo. Face à eux, le public. Le spectacle commence et petit à petit se creuse un fossé entre mes attentes et ce qui se déroule sous mes yeux. Là où je pensais voir des illustrations, je découvre une version très stylisée du conte faite de points, de jeux d’ombre et de lumière, de lignes en mouvement. Là où je m’attendais à être emportée par les mots du conte, j’entends une version anglaise . Je ne vous cache pas ma déception les premières minutes du spectacle où aucune de mes attentes n’était satisfaite. Sans doute réside là le problème : j’étais venue avec une idée arrêtée sur la forme du spectacle pensant qu’il allait s’agir d’une interprétation classique du conte, sous la forme d’un ciné concert.

Et puis mon attention a soudain été retenue par un premier passage. Les 12 voix sur scène ont réussi à me récupérer et à me porter avec elles. J’ai été séduite par la pureté et la musicalité de l’ensemble. 3 sopranos, 3 altos, 3 ténors, 3 basses : 12 voix impressionnantes. Je me rappelle aussi d’instruments de musique très spécifiques : une grosse caisse, des cloches, un xylophone et un autre produisant des sons cristallins. L’alliance des chants et des instruments donnaient à ce spectacle une dimension lithurgique, parfois chamanique. Je me suis aussi ouverte à la création vidéo qui a offert quelques beaux tableaux, bien que très abstraits. Il était difficile de suivre le conte et de se retrouver dans les différents passages. Mais là n’était sans doute pas l’objet.

Moi qui m’attendais à vider toutes les larmes de mon corps, je suis finalement repartie plus légère. Au sens positif du terme : une espèce d’élévation totalement en lien avec le cœur même du conte pourtant tragique. Point de larmes mais de nombreux applaudissements pour cette version totalement inattendue qui a réussi à m’extraire de ma déception initiale et à m’emporter vers quelque chose de nouveau.

The little match girl
Macadam Ensemble
La Soufflerie

Anne Gagnon