Timon et Titus - L’engagement d’un collectif

Dans le spectacle vivant, il est toujours agréable et surprenant d’aller voir un spectacle sans véritablement savoir sur quel type d’oeuvre nous allons tomber. J’ai vécu l’expérience ce mardi 11 octobre, avec le spectacle présenté au TU, Timon et Titus par le collectif OS’O. J’affirme, je suis tombée de haut, un véritable coup de coeur.

Lors du visionnage de la bande annonce, la première impression fut une sensation d’un spectacle où le ton est à la noirceur, où les cris résonnent sur scène, il m’a donc semblé difficile d’apprécier la reprise des deux oeuvres de William Shakespeare.

Arrivée au théâtre, l’entrée est atypique et m’a mis quelque peu mal à l’aise. Les comédiens sont allongés et ensanglantés sur scène, une tête accrochée au tourne disque vire en rythme. Un homme assis sur un fauteuil enseigne la définition du mot « dette », où l’on remarque avec une légère stupeur, que ce mot, dans toutes ses traductions linguistiques, s’approche du terme « guilty » signifiant « culpabilité » en anglais. Une introduction ponctuée alors par de grandes déclamations.
Puis d’un coup, sans crier gare, le ton se transforme et place à la surprise dont je ne souhaite pas décrire chaque instant, le but n’étant pas de tout dévoiler ! L’accent est donné et les yeux pétillent devant cette représentation où la question principale est « Devons-nous rembourser nos dettes ? Morales et/ou financières ? ».

Un atmosphère puissante se dégage du spectacle, une tension monte de plus en plus pour atterrir à des scènes qui revêtent une absurdité à la fois intelligente et originale. La trahison et le meurtre sont mis en scène tels un scénario d’une série B, apportant une touche encore bien plus singulière.
Tout est présent pour nous faire réfléchir sur la question de l’argent et ses vices. Cette notion qui amène ici, folie, pulsions meurtrières et trahison, thèmes principaux retrouvés dans les deux oeuvres du dramaturge William Shakespeare (Timon d’Athènes et Titus Andronicus). Et c’est une nouvelle fois une surprise, puisque la manière dont le collectif reprend ces deux classiques avec une sauce totalement moderne, permet de découvrir ces textes grâce à des mises en abyme et des interactions des comédiens avec le public. L’objectif n’étant pas de jouer les deux pièces dans leur ensemble et c’est ce qui rend le spectacle encore bien plus subtil et judicieux.

En conclusion, 2h15 de spectacle où le temps s’est vite écoulé, mise à part à la fin où les répétitions des scènes alourdissaient quelque peu le spectacle. Un jeu impeccable des comédiens qui manient avec une grande habilité et humour les mises en abyme de leurs personnages.
Une mise en scène contemporaine et énergique où le jeu des lumières et la musique réalisent un ensemble pertinent. D’ailleurs, les comédiens annoncent vouloir rembourser leurs dettes auprès du public car il est venu assister à la représentation. Pour ma part, ma dette est effacée et remboursée !

Violette