« TOURISTA : ou le cri du co(eu)rps de Tanguy Malik Bordage »

« Et chaque nuit le peuple danse, en douceur
croit qu’il peut exorciser, la douleur
puis lentement quitte ses transes, en douceur
revient alors dans sa conscience, la douleur
au fond de lui sent cette peur immense
de voir mourir ce sentiment, d’amour intense
Qu’est-ce qui pourra sauver l’A-MOUR ?
Qu’est-ce qui pourra sauver l’A-MOUR ?
Et comment retrouver le goût de la vie
Et comment remplacer le besoin par l’envie ? »
– Daniel Balavoine

Vous analyserez le couplet et répondrez aux questions posées. Vous avez 4 heures et plus si nécessité.

Pour sa deuxième pièce, Tanguy Malik Bordage (TMB) pose un flow de maux parfois torrentiel, parfois saccadé parfois excessif. Benco ! C’est précisément le sujet : l’excès, « le trop-plein ». L’expérience qui a bouché le conduit et qui a fait monter les eaux… jusqu’au débordement.

Un débordement d’une vingtaine de tableaux divers et variés – passant du monde parallèle, à l’extrait « strip tease », sans oublier le téléKaraoCrochet ou les conseils cuisines de « Bonne Maman ». Couleurs, costumes, lumières, références, souvenirs, etc. l’overdose est brillamment réfléchie, jusqu’au timing un peu trop long. Pendant une bonne centaine de minutes, sept artistes vomissent leurs colères, exposent leurs faiblesses et déclament leurs convictions – des fois en décalage avec les situations. Des mises à nu – au sens propre (déconseillé aux moins de 14 ans), comme au sens figuré – Passage obligatoire pour que « le changement soit maintenant ».

Tourista est une purge salvatrice – de l’automédication au SMECTA. Atteint de constipation relativement passagère TMB a ingurgité la potion magique de Panoramix, s’est assis pour ouvrir les vannes et a tiré la chasse d’eau. Maintenant libéré délivré de sa schizophrénie et de la nôtre aussi, il offre une maestria sonore et visuelle avec une leçon de vie en supplément. Aux questions de Daniel Balavoine, TMB a sa propre réponse – extravagante, pas forcément originale, mais tout ce qu’il y a de plus authentique. À la tombée de rideaux, chacun.e est invité.e (in)consciemment à penser la sienne. Et c’est là tout le génie de la pièce. Alors imaginons !

You may say I’m a dreamer
but I’m not the only one
I hope some day you’ll join us
And the world will live as one
– John Lennon

– IF
*pour éviter la diarrhée, mangez sain et équilibré. Au c******* les coquilles vides qui nous submergent