Tout se passe dans les toilettes

Pour l’auteur, "Tourista, c’est chercher à se vider afin de redevenir un réceptacle vierge, une grande purge". Dans sa tourista, Tanguy Malik Bordage évoque la mort de sa mère, renversée par une voiture à Pondichéry. Suite à cet évènement, il s’interroge, il remet en question ses choix, ses croyances. Il ressent un trop plein, une saturation.

Au cours de son deuil, il se vide, il se libère. Tanguy Malik Bordage nous emmène dans le tourbillon de ses pensées, dans sa remise en question. Il vide ses pensées devant nous. Pour mieux nous installer dans sa tête, l’histoire est en cut-up.

L’auteur est présent sur les planches, entouré d’une équipe de comédiens sensationnels. Une rupture sentimentale, une journée au Club Med, une soirée de fiesta...la liste des événements auxquels on assiste est longue. Entre tristesse, douleur et situations saugrenues, ils nous font rire et nous touchent. Il faut dire que le jeu des acteurs est parfait dans toutes les situations.

Le décor est surprenant. Tanguy Malik Bordage a choisi de mettre sur scène des toilettes. Urinoirs, cuvettes, lavabos, sèche-mains : tout y est. Le choix de ce décor entre en parfaite résonnance avec le titre de la pièce.
Loin d’être un seul et même endroit tout au long du spectacle, cet espace évolue. Tantôt wc publics silencieux et sobres, tantôt wc de boîte de nuit, l’espace se transforme sous nos yeux, au gré des pensées de l’auteur, des événements qu’il relate. Les portes des wc ne cessent de s’ouvrir et de se fermer, elles laissent aussi bien entrevoir ce qui se passe au cœur d’une nuit alcoolisée que les confessions d’un homme. Quant aux éléments sur scène, ils sont utilisés dans une magnifique orchestration. Ce décor est formidable. Il est rare de voir une aussi bonne maîtrise de l’espace scénique.

Karen