Un cercle qui ne tourne pas si rond

Entrer dans l’univers de la chorégraphe Nacera Belaza, c’est découvrir le sens du mouvement, s’interroger sur son origine. Pour la chorégraphe, le corps n’est plus que soumis aux aléas du son et alors le mouvement se crée, en réponse aux suggestions sonores.

Le cadre est posé par un fond musical dont les sonorités emmènent le spectateur en terre lointaine, dans un univers musical africain porté tout d’abord par la voix d’un chanteur. Tout geste est épuré et révèle l’énergie que chaque corps garde au fond de lui, jusqu’à atteindre un état de transe. Les cinq danseurs ne forment plus qu’un ensemble dont les corps interagissent, parfois à l’unisson parfois comme chacun l’entend, comme chacun parvient à donner écho à la musique qui le traverse.

Puis la musique change, elle se confond en un fond percussif, de plus en plus fort, de plus en plus oppressant et les mouvements se fond plus rapides, semblent plus improvisés, plus soudains et plus impulsifs. La lumière se fait plus sombre, le spectateur se doit d’être attentif pour ne rien rater et pour saisir toutes les subtilités du mouvement des corps dont on ne distingue pas forcément les détails et les spécificités.

Les gestes des danseurs vêtus de noir sont ainsi comme des respirations, inconscients et pourtant tellement vitaux. Ils sont rapides mais s’inscrivent dans un univers lent du fait de déplacements dans l’espace qui s’éternisent. Ils interrogent le spectateur sur leurs sens et sur l’interprétation qui doit en être faite. Le spectacle est court et pourtant, on en sort abasourdi, la musique martelant encore dans le crâne du spectateur.

C’est finalement peut être une allégorie de la vie que Nacera Belaza a voulu mettre en scène, un long et ample espace-temps dans lequel pourtant nous bougeons sans cesse. Le temps s’écoule lentement et néanmoins nous évoluons vite car la vie n’a pas de temps à perdre.

Adèle

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