Un lundi au soleil, à la rencontre de Javier Bardem

Depuis le 28 mars et jusqu’au 7 avril, se déroule à Nantes la 29e édition du Festival de cinéma espagnol. Dans ce cadre, j’ai eu la chance d’assister à la projection du film de Fernando León de Aranoa, Los lunes al sol, présenté par l’acteur principal, Javier Bardem, en personne.

Depuis presque 30 éditions, le festival de cinéma espagnol nantais se veut être la principale vitrine du cinéma espagnol en France, mettant en lumière tout aussi bien les films du patrimoine cinématographique que la jeune création. Avec plus de 70 films inédits, 80 invités, 250 projections en version originale sous-titrée, trois expositions, des rencontres-débats, concerts et karaokés,... le festival nous invite à la rencontre du cinéma espagnol.

Pour cette édition, autour de la sélection officielle, on a le choix entre un cycle dédié à la caméra autour du flamenco et un autre dédié aux courts-métrages basques, mais aussi un hommage à l’acteur Javier Bardem. Et oui ! Difficile ces dernières semaines de passer à côté de l’affiche du festival, arborée un peu partout dans la ville, montrant le portrait du plus international des acteurs espagnols. Et ce géant du cinéma nous a même fait l’honneur d’être présent à Nantes pendant quelques jours, pour donner une masterclass et présenter quelques uns des 10 films qu’il a lui même sélectionnés pour cet hommage.

Los lunes al sol, en français Les lundis au soleil, et ça tombe bien parce qu’on est lundi et qu’il y a un soleil magnifique, ce qui rend fort agréable l’attente pour entrer dans la salle du Katorza.

C’est dans une salle comble que l’acteur espagnol est accueilli par des applaudissements des plus chaleureux. Accompagné par une traductrice, Javier Bardem présente le film que nous allons voir. Le tournage de ce film social, réalisé par Fernando León de Aranoa, l’a beaucoup marqué. C’est aussi ce film qui lui a permis de recevoir un deuxième Goya du meilleur acteur en 2003. Sans trop nous dévoiler l’histoire, Bardem nous fait remarquer que ce film a été tourné il y a bientôt 20 ans mais qu’il reste malheureusement d’actualité…

En effet, alors que Los lunes al sol s’ouvre sur une scène d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, difficile de ne pas penser à l’actualité française de ces derniers mois.
Avec un ton tantôt comique, tantôt grave, le réalisateur dépeint la vie quotidienne de Santa, José et leurs anciens collègues, cinq ans après la fermeture du chantier naval dans lequel il travaillait et la lutte social contre les licenciements qu’ils ont menée. Entre les entretiens d’embauche ratés, les techniques plus ou moins douteuses de Santa pour se faire un peu d’argent, les discussions autour d’un verre au bar tenu par l’un d’eux, on partage avec eux les plaisanteries entre amis et les angoisses et humiliations de la vie.

Avec de très bons acteurs et des dialogues bien écrits, Fernando León de Aranoa nous emporte facilement dans cette histoire ordinaire d’un groupe d’hommes se battant contre vents et marées pour ne pas perdre leur dignité, tout en évitant le pathos. Distingué par de nombreux prix (dont 5 Goyas et le Prix Jules Verne lors de la Xème édition du festival nantais en 2003), c’est un film juste, sans lourdeur, dont on ressort touché et grandi.

Après la projection, j’ai profité de ce bel après-midi et de la proximité de l’Espace Cosmopolis pour aller voir les deux expositions de photographies présentées ici. Tout d’abord l’exposition “La caméra au rythme du flamenco” de René Robert, grand photographe du flamenco. On peut y découvrir les portraits des plus grandes figures de cette discipline, montrant toute la passion et les émotions insufflées lors de leurs prestations. Puis l’exposition “Faces”, séries de portraits réalisés par la cinéaste espagnole Isabel Coixet au cours de sa carrière. On y voit des instants de tournages et des compositions créatives. Mais surtout un portrait d’Agnès Varda, disparue tout récemment, sur lequel était accrochée une petite rose… un joli hommage.

Cécile M.