Un seul être – Trois hommes "qui comptent"

Soirée entre théâtre, danse et création visuelle un vendredi soir à la salle champêtre de la chapelle sur Erdre : l’espace culturel Capellia.

Par une belle soirée, estivale avant l’heure, le trajet vers la Chapelle-sur-Erdre est des plus agréables. Lumière dorée, odeur d’herbe coupée... tout y est !
Une salle bien spacieuse m’y attend. Le décor est posé !
Dès l’ouverture de la représentation, la danse domine et donne le ton. Le titre s’illustre sous nos yeux : trois hommes se gênent, se frottent, se bousculent. Et pourtant, ils semblent ne former qu’un seul être. Les spectateurs sont vite amenés à comprendre qu’il y a derrière tout cela une femme.
Elle est présente au travers des gestes, des ombres, des mots, des pensées qui paraissent flotter dans l’atmosphère.

JPEG - 21.7 ko

Une installation sonore permet de jouer la dispersion des rires, des voix, et renforcent cette impression obsédante de présence absente.
Elle est partout. Mais elle est partie.
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé disait Lamartine.
Ce sont les instants chorégraphiés qui expriment le mieux cette histoire vécue, mais qui n’est pas encore passée. Qu’il semble difficile de tourner la page quand on se sent trompé, abandonné ! Et avec trois sensibilités différentes qui plus est.
C’est peut-être ce qui me donne cette sensation de rythme si lent. Chaque moment de danse est animé par des envolées de musiques classiques, qui plantent un décor hautement sentimental : surement trop pour moi !
Non sans difficulté, j’ai tenté de me laisser toucher par cette représentation de l’amour et ses déboires. Le thème initial était pourtant intriguant. Trois hommes si différents, séduits par la même femme qui les a tour à tour fréquentée. Cette illustration de la complexité du sentiment amoureux permettait de bousculer l’idée reçue selon laquelle "qui se ressemble s’assemble". Mais en l’occurrence, c’est davantage Pascal qui a les mots les plus justes face à cette configuration relationnelle en avançant que le cœur a ses raisons que la raison ne connait point.
Cette création aura surement touché certains cœurs. Mais le mien est restée de glace, face à cette forme d’expression d’une sensibilité particulière, qui m’a paru bien étrangère...

Adeline