Un tsunami de doutes et désespoirs dans une vague humoristique

A la fois autrice et metteuse en scène, Pauline Sales a écrit cette pièce pour les 4 comédiens présents sur les planches. Elle y traite des questionnements que tout un chacun se pose sur ses actions. L’autrice a créé une pièce accessible et drôle sur les échecs et les doutes.

Le personnage central est Valentine, professeure de français au collège. Son mari, Sven est biologiste. Il y a également Paul, son frère, artiste plasticien contemporain. Enfin, il y a Manhattan, une ancienne élève de Valentine qui vit de petits boulots.

Pour commencer, Valentine s’invite chez son frère à l’occasion d’une sortie scolaire à Paris avec sa classe. Tantôt désemparée, tantôt révoltée, tantôt au bord de la crise de nerf, Valentine interroge son couple, son travail, sa manière d’éduquer ses enfants.

Avec humour, sont dépeints les rapports entre adultes, au sein de la famille. Valentine se retrouve entre un mari qui se détourne des obstacles, un frère et des enfants adolescents qui ne la comprennent pas, la rejettent. Le personnage principal mais aussi son entourage sont plein de craintes, d’espoir mais aussi de désespoir.

Pauline Sales nous parle de nos choix et de l’impuissance. La force de cette pièce est aussi d’interroger le fonctionnement de notre société. Portée par une comédienne talentueuse, Hélène Viviès, il y a un côté réconfortant à regarder cette femme se débattre.

Les personnages restent assez vrais malgré un côté légèrement caricatural. A la fin, un bord de scène était organisé avec Pauline Sales. Les professeurs présents dans la salle ce soir-là ont pu indiquer s’être identifiés à Valentine. Il est toutefois souhaitable que leur crise ait été moins aigüe que celle de cette professeure à la fois pour eux-mêmes mais également pour leurs élèves !

Au final, on ressort en sachant répondre à la question de savoir si Valentine a bien fait. Mais surtout, l’autrice nous pose des questions. En laissant apparaître le côté risible de certaines situations, elle offre aussi, peut-être, un peu d’aide à la prise du recul du spectateur sur sa propre vie.

Karen