¡ Una tarde de alegría con Volando Voy !

21h45, je me retrouve sur la place Viarme à Nantes. Mince ! Moi qui croyais être partie en Espagne il y a un peu plus d’une heure. Retour sur une soirée qui m’a fait voyager au cœur de l’Andalousie !

Pour ce nouveau spectacle de la Compagnie Flamenca, j’avais rendez-vous à La Ruche, aussi surnommé « petit théâtre de Viarme ». Premiers pas pour moi dans ce lieu ouvert il y a tout juste 2 ans.

Au 8 de la rue Félibien, il y a un grand porche. Je le passe et atterri dans une petite cour intérieure où plusieurs spectateurs patientent tranquillement. On se sourit, se dit « bonsoir », c’est accueillant. A l’intérieur, je suis dans un lieu hors du temps : une banquette style Louis XVI côtoie des fauteuils en cuir, des bouquins, des lampes rétro et des babioles sont entreposés sur une bibliothèque. La billetterie fait aussi office de bar. Bref, c’est un lieu chaleureux et intimiste, comme je n’aurai jamais pu deviner qu’il en existait. Une partie de l’équipe est là. Ils ne sont que 6 à faire fonctionner ce théâtre. Des techniciens intermittents et des bénévoles sont aussi présents pour les accompagner dans les nombreux projets de La Ruche. La création est au centre de ce repère d’artistes. La compagnie Théâtre de l’Entr’Acte, le groupe de musique Les Zygos Brass Band et le collectif Lena Brodet en sont résidents. Et pour former les artistes et spectateurs de demain, La Ruche propose aussi des ateliers théâtre du lundi au mercredi. Le directeur artistique Henri Mariel affirme vouloir « réinventer les lieux d’échanges pour se rassembler, les corps serrés les uns contre les autres, les cœurs battant pour l’échange, le partage et le réconfort ». La programmation variée et de qualité fonctionne au semestre. Volando Voy marquait le démarrage de la 2ème partie de saison 2014/2015.

Je m’installe donc sur un petit gradin parmi les 40 autres spectateurs présents ce soir là. On se parle entre voisin et on demande même à ceux qui sont derrière nous si on peut s’appuyer sur leurs genoux ! Le spectacle est complet les 3 soirs. C’est plutôt bon signe. J’ai donc hâte de découvrir ce conte musical et dansé, dernière création d’Helena Cueto.

Un chant transperce le noir et le spectacle commence. On y découvre une jeune adolescente Pepa avec ses amis, qui suite au décès de son grand-père, ouvre un coffre qui lui appartenait. Elle s’étonne de sa vie de jeune adulte dans une Espagne des années 30. Pepa ne se souvient pas que son grand-père lui ait déjà parlé de cette époque. Elle se demande pourquoi et creuse dans son carnet intime et ses souvenirs. Il y décrit sa vie d’exclu, à la fois auprès de sa famille qui rejette la culture flamenco - la culture des gitans - et à la fois auprès de la communauté gitane, qui n’accepte pas que les payos - les non gitans - pratiquent le flamenco. C’est donc une vie d’errance à travers l’Andalousie qui l’attend avec Maria Dolores, sa bien-aimée et son frère. Ils connaissent le succès jusqu’à ce que la guerre éclate.

Dans ce nouveau spectacle, Helena Cueto partage son héritage culturel d’une manière romancée, belle et sincère. J’ai été plongée dans le berceau du Flamenco en Andalousie à travers le chant, le claquement des mains, la danse, les castagnettes, la guitare et le taconeado (percussion avec les pieds). J’ai été touchée par la richesse et la variété de cette culture et notamment grâce à la performance de la danseuse qui était hypnotique lorsqu’elle interprétait des alegría ou sevillana (dommage que nous n’ayons pas eu la distribution dans le programme pour que je puisse la nommer). Le guitariste et chanteur excellaient également dans leur discipline. Par contre, la faiblesse de leur jeu d’acteur lors des saynètes est à regretter, cela faisait baisser l’intensité de la pièce. Le fil de l’histoire était très bien mené par la comédienne qui jouait Pepa. Accompagnée par une mise en scène efficace (déplacement des comédiens, accessoires et jeux de lumières), elle nous faisait passer des souvenirs des années 30 à aujourd’hui avec beaucoup de simplicité. Je suis donc restée en haleine jusqu’à la fin et j’ai gardé pendant les jours qui ont suivi le spectacle un peu de soleil d’Andalousie en fredonnant la chanson de ce voyage Volando Voy, volando vengo...

Julie-Anne