Une pièce sur un thème fort ou l’on pleure tout autant qu’on rit (malgré nous)

En effet ce 20 février au Piano’cktail j’ai vu la pièce Les chatouilles d’Andréa Bescond, mise en scène par Éric Métayer. Elle parle des violences sexuelles que l’actrice a subi enfant jusqu’à l’adolescence et elle a suscité beaucoup d’émotions en moi.

Pour vous présenter mon ressenti suite à ce spectacle j’ai choisi de m’attarder sur la performance théâtrale d’Andréa Bescond. En effet elle arrive à interpréter avec un brio équivalent une galerie de personnages tous plus différents les uns que les autres.

Il y a d’abord le personnage principal, Odette, que l’on voit évoluer de 5 ans à l’âge adulte en passant par l’adolescence. J’ai pu clairement percevoir son évolution au travers de la danse, de la peur à la colère. Ce personnage, autobiographique, sert de colonne vertébrale à la pièce c’est avec elle que j’ai ressenti de la panique et de la colère. Ensuite vient sa mère, plus statique, qui ne veut pas comprendre ce que sa fille a vécu, puis la professeure de danse, un peu désabusée mais charmée par les performances d’Odette, qui parvient tant bien que mal à gérer les enfants de son cours. Quelques personnages masculins également, le fameux Gilbert animé de pulsions malsaines, le prof de danse américain, son pote des cités Manu, les policiers du commissariat...

Elle parvient même à intégrer des personnages complètement immatériels comme ses collègues de comédies musicales, le chef de la technique pour la répétition du spectacle de danse, ou encore la psy représentée par cette chaise blanche symbolique autour duquel s’articule les flash back d’Odette au cours de sa thérapie.

Toutes ces personnes sont interprétées avec leurs tics, mimiques, leur accent, leur démarche. J’ai vraiment été bluffée par sa capacité à changer de peau parfois en un claquement de doigt pour pouvoir faire un dialogue à elle-même, entre deux personnages. Je me les représentais tellement bien.

Et ce n’est qu’une partie du spectacle à cela s’ajoute sa performance de danse, la justesse de l’écriture, le recul qu’elle arrive à prendre par rapport à ce qui lui est arrivé, sa capacité à y ajouter de l’humour.

Un spectacle marquant et impressionnant que je vous recommande, il sera également adapté au cinéma en septembre 2018.

Alice PORRA