Voyage en Méditerranée avec le concert de fin d’année de l’ONPL

Un dernier concert pour la saison, à la Cité des Congrès, un premier concert symphonique pour moi dans cette salle pourtant connue.
La musique classique me faisait ses grands airs pour clore cette année mouvementée et surprenante. Au programme : Brahms, Ravel, Respighi...
Mais revenons surtout et avant tout sur cette ambiance particulière !
Un public. Plutôt âgé, plutôt chic, plutôt habitué.
Quelques visages, deci delà, laissaient tout de même s’exprimer une impatience de nouveauté.
Sur scène, c’était aussi un drôle de spectacle !
Des accords désaccordés, chorégraphiés. Chaque musicien.ne. réglait, ajustait, instrument et position...
Puis, arrivée des deux personnages incontournables, sous une salve d’applaudissements : le chef d’orchestre, Pascal Rophé, et le soliste au piano, Pierre-Laurent Aimard.
La 1ère partie était en effet le concerto pour piano et orchestre n°2 de Brahms, avec ses quatre mouvements amenant une atmosphère propice à l’évasion. Une forme de doux décollage vers d’autres cieux. Ceux des deux compositions suivantes, juste après l’entracte.
Ravel nous a alors conduit en terres andalouses avec sa Rapsodie espagnole, lumineuse, gaie et expressive. La présence d’instruments tels qu’un xylophone, des castagnettes ou un gong ont amené leur touche très ibère, au travers d’une oeuvre courte mais dense. De cette descente dans le sud de l’Europe, il ne fallait que quelques notes pour rejoindre l’Italie qui nous attendait, avec une "trilogie romaine" de Respighi.
Les pins de Rome nous ont alors définitivement perdu dans un décor boisé et chaud, où l’harmonie de la nature a explosé dans un final grandiose.
Du côté de l’orchestre, qu’il était beau et surprenant d’observer le ballet des archers. Les temps de changements, d’arrêts, parfois perturbants, mais créant une rythmique propre et singulière. Une mécanique très organique menée sans baguette par un chef d’orchestre mains nues. On se croyait souvent au beau milieu d’un film !
Enfin, la soirée n’aurait pas été la même sans cette surprise préparée en douce par les musiciens et "leur chef", pour le départ à la retraite de l’un des leurs.
Un de ces instants auxquels on est heureux d’avoir pu assister, dans la joie et la légèreté que seule la musique peut procurer. Un adieu magistral d’un musicien un peu à part, bretelles sous le veston et lacets rouges sur chaussures cirées (!), invité à venir faire le chef d’orchestre sur le final à rejouer !
Un au revoir à la scène bien plus stylé que les quilles ou les habituels gags de collègues peu inspiré.e.s !!

Une soirée un peu magique qui en appellent d’autres... à vos programmes de rentrée, pour ma part, le choix est fait !

Quelques questions sans réponse :
* Pierre-Laurent Aimard mâchait-il un chewing-gum, ou puisait-il dans ses mimiques une forme d’inspiration musicale ?!
* Y avait-il un vrai oiseau caché dans la salle ? Un sifflet ? Une boîte à son ??
* Le "presque retraité" avait-il été musicien communiste dans une autre vie ?!