
J’aime la liberté qui se dégage du court. Souffrance, humour, dérision, sagesse… La 11ème longue nuit du court du Grand T m’a permis de profiter des petits bonheurs simples comme des grandes vérités qui peuvent s’exprimer par le biais du court-métrage.
Arrivée au Grand T après l’averse et tout juste pour l’ouverture des hostilités, je découvre le programme de la Longue nuit du court. Comme la pluie qui a rafraîchie l’atmosphère, les premiers courts-métrages jettent un froid réaliste mais vital sur la soirée. La réalité : c’est celle de Bulbul l’enfant des villes de Reza Hossaini Yemak (2008 – 26min) et de Des briques et des rêves de Sediqa Rezaei (2008 – 26min) ; deux documentaires, bouleversants et plus que réalistes, sur le travail des enfants en Afghanistan.
10 minutes après dans le parc. Quelques personnes s’agitent timidement, au son d’un vieux 45 tours de Blondie, entre 3 caravanes plantées au milieu des arbres. Quelques pas de danse et nous voilà embarqués à bord d’une caravane dans le monde théâtral et loufoque des contes de notre enfance. Grâce à Nicolas Emery de Scopitone et Cie, nous sommes plongés dans l’univers détourné de La belle au bois dormant. Tassés dans ce 9m², nous écoutons le jeune homme transpirant raconter sa version kitch de La belle au bois dormant dernière son cadre de téléviseur. Nous l’observons, hilares, danser sur Gym Tonic (Tou-tou you tout’) après avoir servi un café plutôt corsé à ses invités (Il faut bien cela pour tenir La longue nuit du Court !). Cette parenthèse décalée nous ravie et encourage à poursuivre l’aventure.
Retour en salle et plongée, en noir et blanc, philosophique et déjantée dans la Grèce antique de Socrate (Mission Socrate de Bertrand Lenclos et Jackie Berroyer – 2009 – 26min). Un peu plus tard en plein air et sur le mur du voisin : films d’animation bricolés avec des bouts de scotch (Une vie et Une ville d’Emmanuel Bellegarde). Cette forme particulière qu’est le court-métrage ne fait pas l’objet d’une grande médiatisation, pourtant, elle mérite le détour.
Je quitte le Grand T après La pisseuse (de Frédéric Benzaquen et Suzanne Legrand – 1999 – 21min) ou la journée d’une fille qui a la poisse, doit passer un examen et a une envie de pisser plus forte que tout. Départ anticipé alors qu’un « Best of Premiers Plans 2010 » était proposé à partir de 1h30, mais prise d’une sérieuse envie de revenir l’année prochaine… peut-être jusqu’à l’aube cette fois-ci !
Mathilde Morgand
